Les essais nucléaires réalisés par l’Inde ont de fortes chances de relancer la course aux armements nucléaires en Asie, la crainte étant que la Chine ne revoit son adhésion au Traité d’interdiction des essais nucléaires, estiment des experts en matière de défense à Tokyo. «Dans un premier temps, les relations entre l’Inde et le Pakistan vont empirer. Mais à moyen et long terme, c’est la réaction de la Chine qui risque d’être la plus lourde de conséquences dans la région», estime M. Masashi Nishihara, expert à l’Académie de défense japonaise. «Il est permis de penser que la Chine, si elle estime ses intérêts vitaux menacés, puisse même se retirer du traité d’interdiction des essais nucléaires et du Traité de non-prolifération nucléaire», ajoute M. Nishihara. La Chine était jusque-là la seule puissance nucléaire déclarée en Asie. Elle a signé en 1996 le traité d’interdiction des essais nucléaires également adopté par les quatre autres puissances nucléaires déclarées. La Corée du Nord est soupçonnée d’avoir cherché à acquérir l’arme nucléaire, mais ses capacités en la matière sont incertaines. Le Japon, seul pays victime d’un bombardement atomique, a renoncé à la fin de la guerre à l’arme nucléaire. Le Pakistan a dès lundi averti l’Inde qu’il se réservait le droit de prendre toutes les mesures «appropriées» pour sa sécurité après les trois essais indiens conduits lundi. Pour les experts japonais et occidentaux interrogés à Tokyo, après l’Inde, son frère ennemi, la tentation sera extrêmement forte pour le Pakistan de se doter à son tour de l’arme nucléaire quelles que soient les menaces de sanctions qui pourraient être brandies par les Occidentaux. Lutte d’influence Or la Chine a longtemps été soupçonnée par les pays occidentaux d’aider le Pakistan à se doter de l’arme nucléaire. Les Etats-Unis ont aussi accusé Pékin d’aider l’Iran dans le même domaine. «Grâce à ces essais nucléaires, l’Inde va immanquablement gagner une position de leader dans la région», estime un expert occidental stationné à Tokyo qui a préféré conserver l’anonymat. Cela risque de faire de l’ombre à la Chine, «mais je ne pense pas que Pékin soit prêt à allumer un feu près de chez eux» en aidant le Pakistan à fabriquer un arsenal nucléaire, a ajouté cet expert. La Chine et l’Inde mènent une sourde lutte d’influence en Asie. Les deux voisins se sont livré un bref mais sanglant conflit frontalier en 1962. Pour M. Nishihara, «à terme, l’impact des essais indiens sur la région est immense» car il risque de modifier les équilibres stratégiques régionaux jusqu’à même influencer le Japon et sa sécurité. «Je ne vois pas à court terme le Japon s’engager à son tour dans la course aux armements nucléaires. Dans l’immédiat, le Japon doit penser d’abord à infliger des représailles économiques fortes contre l’Inde», dit-il. «Mais à plus long terme, les inquiétudes pourraient donner du crédit à ceux qui pensent que le Japon ne peut pas rester indifférent et qu’il doit lui aussi se préparer à faire de même», ajoute-t-il. La course aux armements nucléaires donnera d’autre part des arguments aux Etats-Unis qui invitent le Japon à participer à leur programme de missiles antimissile de théâtre dit «TMD». Jusqu’à présent, le Japon traînait les pieds, estimant qu’un tel programme coûtait trop cher pour une efficacité incertaine. Les évaluations sur son coût pour le Japon varient de 9 à 15 milliards de dollars par an, soit près du quart du budget annuel de la défense japonaise. (AFP)
Les essais nucléaires réalisés par l’Inde ont de fortes chances de relancer la course aux armements nucléaires en Asie, la crainte étant que la Chine ne revoit son adhésion au Traité d’interdiction des essais nucléaires, estiment des experts en matière de défense à Tokyo. «Dans un premier temps, les relations entre l’Inde et le Pakistan vont empirer. Mais à moyen et long terme, c’est la réaction de la Chine qui risque d’être la plus lourde de conséquences dans la région», estime M. Masashi Nishihara, expert à l’Académie de défense japonaise. «Il est permis de penser que la Chine, si elle estime ses intérêts vitaux menacés, puisse même se retirer du traité d’interdiction des essais nucléaires et du Traité de non-prolifération nucléaire», ajoute M. Nishihara. La Chine était jusque-là la...
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