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Actualités - Chronologie

Le Bug de l'an 2000, un problème réel aux conséquences exagérées

Le «bug de l’an 2000», ce problème de programmation qui figure parmi les priorités du sommet du G8 à Birmingham (Grande-Bretagne), ne doit certainement pas être ignoré, mais n’aura pas non plus les conséquences désastreuses que d’aucuns prédisent, estiment les experts. «Seuls quelques rares entreprises, communautés et individus ne seront pas affectés — certains de façon mineure, d’autres de façon potentiellement catastrophique — si le problème de l’an 2000 n’est pas corrigé à l’échelle de la planète», avertissait récemment Frank Gaffney, directeur d’un centre de recherche privé de Washington, le «Center for Security Policy». «Il s’agit de la plus vaste escroquerie jamais perpétrée par les consultants», qui s’accompagnent souvent de sociétés de services informatiques, s’insurgeait comme en écho le directeur informatique du groupe d’édition Reader’s Digest, David Starr, dans une interview au magazine spécialisé «Computerworld». Le problème est dans les deux 00 à la fin de 2000. A partir du 1er janvier 2000 à 0h00, les logiciels et les horloges internes de nombreux ordinateurs, incapables de prendre en compte plus de deux chiffres pour savoir en quelle année ils sont, risquent de se reporter sur 1900, voire de choisir une année au hasard. En conséquence, entend-on dire, les ascenseurs s’arrêteront entre deux étages, les avions tomberont en plein vol, les systèmes boursiers s’affoleront, les banques mélangeront leurs comptes, des régions entières seront plongées dans le noir. Pour éviter l’apocalypse, soulignent les sociétés conseils, entreprises et gouvernements doivent se consacrer corps et âme à rectifier chacune des lignes de code comprenant les deux chiffres fatidiques. Le coût mondial de l’investissement en temps et en hommes, affirme le groupe de conseil marketing Gartner Group, atteindra la somme astronomique de 600 milliards de dollars, soit près de 10% du PIB des seuls Etats-Unis. Sans aller jusque-là, les experts s’accordent à prédire un impact non négligeable de ce détournement d’énergie. Selon la Réserve fédérale américaine, ils devraient réduire de 0,1 point la croissance des Etats-Unis dans les deux ans à venir. Optimisme Mais il n’y a guère de choix. «S’il n’est pas corrigé, le problème pourrait avoir des effets négatifs temporaires sur la performance de l’économie américaine comme sur celle de nombreux pays, si ce n’est de tous», a averti fin avril devant le Sénat un gouverneur de la Fed. «Le principal problème, c’est qu’on ne sait pas de quelle ampleur est le problème», résume Raymong Long, responsable de l’opération An 2000 de l’Agence américaine de l’aviation civile (FAA). Il faut décortiquer des millions de lignes de code, à l’affût de la moindre référence à une date. Mais M. Long est optimiste. La nature du problème est simple, et la FAA s’y est prise à l’avance. Le système financier, lui aussi, devrait être fin prêt, estime le responsable An 2000 de Wall Street, Nick Magri, interrogé par le site d’information CNET. Firmes de courtage, banques et sociétés de services financiers, sans doute parmi les plus conscients du problème, «maîtrisent la situation», dit-il. Côté production électrique et ascenseurs, les responsables informatiques soulignent que les programmes ne sont pas dépendants des dates, et n’ont aucune raison d’entraîner des arrêts intempestifs. Selon eux, tout au plus le système de facturation, voire le paiement automatique des employés, pourrait-il être affecté. L’Association américaine de l’industrie électronique grand public (EIA/CEG) a étudié d’éventuels risques pour les magnétoscopes, fours à micro-ondes et autres appareils contenant un processeur intégré. «Nous n’avons rien trouvé», souligne un porte-parole. M. Long, de la FAA, est tellement confiant que, dans la nuit du 31 décembre 1999 au 1er janvier 2000, il prévoit de prendre l’avion. (AFP-Reuters)
Le «bug de l’an 2000», ce problème de programmation qui figure parmi les priorités du sommet du G8 à Birmingham (Grande-Bretagne), ne doit certainement pas être ignoré, mais n’aura pas non plus les conséquences désastreuses que d’aucuns prédisent, estiment les experts. «Seuls quelques rares entreprises, communautés et individus ne seront pas affectés — certains de façon mineure, d’autres de façon potentiellement catastrophique — si le problème de l’an 2000 n’est pas corrigé à l’échelle de la planète», avertissait récemment Frank Gaffney, directeur d’un centre de recherche privé de Washington, le «Center for Security Policy». «Il s’agit de la plus vaste escroquerie jamais perpétrée par les consultants», qui s’accompagnent souvent de sociétés de services informatiques, s’insurgeait...