La communauté juive américaine, traditionnellement favorable au président Bill Clinton et aux travaillistes israéliens, serraient les rangs autour d’Israël «poussé dans ses retranchements» par les Etats-Unis, après l’annulation d’une rencontre tripartite avec les Palestiniens ce lundi. Le soutien au gouvernement israélien est une attitude constante des quelque 5,8 millions de Juifs américains mais ils préféraient le premier ministre sortant Shimon Pérès à son adversaire victorieux Benjamin Netanyahu, qu’ils accusent d’être soumis aux religieux orthodoxes, et ont voté pour M. Clinton à près de 78%. «Du point de vue de nombreux juifs américains, des mots comme «ultimatum» date limite ou sursis sont extrêmement tourblants», commentait David Harris, directeur exécutif du Comité juif américain (AJC) à New York. «Nombre d’entre nous à l’AJC sont assez sidérés par cette tension dans les relations israélo-américaines», ajoutait-il, après que Washington eut posé comme condition au premier ministre israélien un retrait supplémentaire de 13% de l’armée israélienne de Cisjordanie pour qu’il participe à la rencontre prévue ce lundi; Le secrétaire d’Etat Madeleine Albright rencontrera finalement mercredi à Washington M. Netanyahu, aux Etats-Unis pour une visite prévue de longue date, afin d’essayer de régler les problèmes qui ont empêché la tenue du sommet. «L’idée que les Etats-Unis puissent exercer une pression (sur Israël) ou lancer des ballons d’essais est inquiétante», précisait M. Harris, en faisant référence à la prise de position d’Hillary Clinton la semaine dernière en faveur d’un Etat palestinien. «Dans la mesure où (les Juifs américains) ont l’impression qu’Israël est poussé dans ses retranchements, ils se rassemblent pour se porter à son secours», assurait M. Harris, qui doit recevoir M. Netanyahu lors d’un dîner de l’AJC jeudi soir à Washington. «La participation américaine aux négociations est salutaire et bienvenue mais nous avons le sentiment que (Washington) a passé les bornes», ajoutait-t-on de même source. Cela avait «l’apparence de pression de la Maison-Blanche», commentait plus diplomatiquement le principal lobby juif américain, l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee), dont M. Netanyahu sera l’invité d’honneur dimanche soir pour son dîner de gala annuel. «Dans un cas comme celui-ci, les principales organisations sont déconnectées de l’opinion publique juive américaine», analysait Thomas Smerling, directeur exécutif du «Israël Policy Forum», organisation «de gauche». «Ces organisations doivent refléter le plus petit dénominateur commun de leurs membres, et il est plus commode d’adopter une position défensive», ajoutait-il. M. Smerling soulignait que, selon un sondage de l’IPF réalisé la semaine dernière, 78% des Juifs américains soutenaient Bill Clinton (contre 76% en septembre), et 77% estimaient que des pressions devaient être exercées par Washington sur Israël et sur les Palestiniens (84% en septembre). (AFP-Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La communauté juive américaine, traditionnellement favorable au président Bill Clinton et aux travaillistes israéliens, serraient les rangs autour d’Israël «poussé dans ses retranchements» par les Etats-Unis, après l’annulation d’une rencontre tripartite avec les Palestiniens ce lundi. Le soutien au gouvernement israélien est une attitude constante des quelque 5,8 millions de Juifs américains mais ils préféraient le premier ministre sortant Shimon Pérès à son adversaire victorieux Benjamin Netanyahu, qu’ils accusent d’être soumis aux religieux orthodoxes, et ont voté pour M. Clinton à près de 78%. «Du point de vue de nombreux juifs américains, des mots comme «ultimatum» date limite ou sursis sont extrêmement tourblants», commentait David Harris, directeur exécutif du Comité juif américain (AJC) à...