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Actualités - Chronologie

Préserver la mémoire de la Nakba

Dans une vieille maison arabe de Ramallah, des Palestiniens cherchent à tisser les fils épars de la «Catastrophe» (Nakba/ainsi désignée la fondation de l’Etat d’Israël) pour en transmettre les leçons aux générations futures. Des témoins et des participants de la guerre de 1948, qui accompagna la création de l’Etat hébreu le 14 mai, viennent régulièrement exposer leurs souvenirs au centre culturel Khalil Sakakini, qui tente de préserver la mémoire de la Nakba. Un par un, ils racontent la chute de Haïfa et de Jaffa, les batailles de Castel et de Bab el-Oued, la défaite arabe et l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens de leurs terres. «Ce n’est pas seulement une tentative d’écrire l’histoire de la Nakba. C’est aussi un moyen d’éduquer la population, notamment la jeune génération», explique la directrice du centre culturel, Mme Adela al-Aïdi. Les Palestiniens ont l’amer sentiment que la version du vainqueur a trop longtemps dominé les travaux des historiens sur la guerre de 1948 et que le cinquantenaire est une bonne occasion de faire connaître leur vérité, ne serait-ce qu’à leurs propres enfants. Au centre Sakakini, les témoins de l’époque racontent les combats menés en vain par les Arabes de Palestine pour empêcher qu’un Etat juif ne leur soit imposé par des gens venus d’ailleurs. Ils évoquent les forces juives, supérieures sinon en nombre, du moins en organisation et en armement, qui ont détruit des centaines de villages, expulsé et parfois massacré leurs habitants. «Les Palestiniens jettent un œil nouveau sur leur histoire et essayent de comprendre ce qui leur est arrivé», explique l’écrivain Zakariya Mohammed. Conférences historiques et pièces de théâtre Les enfants des écoles sont amenés pour observer une maquette d’un village palestinien, Oum Khaled. On leur explique comment la localité a été rasée par les forces juives et comment Israël a créé, à la place, la ville de Natanya. «Nous avons lancé une grande campagne, depuis trois mois, pour relier les enfants palestiniens à la Palestine et à son héritage», souligne M. Abdel Sallam Khadash, de l’Institut Tamer d’Etudes sociales, l’une des organisations qui ont monté l’exposition sur Oum Khaled. L’Institut Tamer s’occupe aussi de donner des conférences historiques dans les écoles de Cisjordanie et de monter des pièces de théâtre et des jeux recréant la vie en Palestine il y a cinquante ans. «Nous avons vécu une tragédie historique. Nous devons nous l’enseigner à nous-mêmes», affirme Kamal Abdel Fattah, un professeur de géographie de l’université de Bir-Zeit, en Cisjordanie, qui va d’école en école pour enseigner la Nakba. «Aussi longtemps que les gens ne savent pas ce qu’était la Palestine, ils ne peuvent pas préserver leur identité», explique-t-il. Dans le même sens, le chercheur Ibrahim al-Marii réunit des témoignages oraux de la Nakba afin de «présenter une image plus claire de ce qui s’est passé, à nous-mêmes comme aux étrangers». M. Maari cherche notamment à retracer l’histoire des combattants palestiniens qui ont lutté contre l’occupation britannique avant la création d’Israël. «Il y a des milliers de combattants héroïques qui sont morts pour la Palestine et personne ne sait rien sur eux», affirme-t-il. (AFP)
Dans une vieille maison arabe de Ramallah, des Palestiniens cherchent à tisser les fils épars de la «Catastrophe» (Nakba/ainsi désignée la fondation de l’Etat d’Israël) pour en transmettre les leçons aux générations futures. Des témoins et des participants de la guerre de 1948, qui accompagna la création de l’Etat hébreu le 14 mai, viennent régulièrement exposer leurs souvenirs au centre culturel Khalil Sakakini, qui tente de préserver la mémoire de la Nakba. Un par un, ils racontent la chute de Haïfa et de Jaffa, les batailles de Castel et de Bab el-Oued, la défaite arabe et l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens de leurs terres. «Ce n’est pas seulement une tentative d’écrire l’histoire de la Nakba. C’est aussi un moyen d’éduquer la population, notamment la jeune génération»,...