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Actualités - Chronologie

Camouflets en série pour Kofi Annan au Rwanda

Kofi Annan a essuyé jeudi des camouflets en série à Kigali où les plus hauts dirigeants rwandais ont boycotté un dîner officiel offert en son honneur après lui avoir fait subir un réquisitoire contre l’action de l’ONU depuis l’indépendance du pays. Le président Pasteur Bizimungu, le vice-président Paul Kagamé et le premier ministre Pierre Célestin Rwigema ont boycotté jeudi soir le dîner officiel organisé au cercle militaire du Jali Club en l’honneur du secrétaire général des Nations Unies pour «protester contre son arrogance», selon le porte-parole du président rwandais, Joseph Bideri. M. Bideri a estimé que «M. Annan était extrêmement arrogant dans son discours au Parlement. Il était insensible et insultant envers le peuple rwandais», a ajouté le porte-parole. «Il a parlé d’expiation sur le passé du peuple rwandais. Pour le moment, il n’est pas préparé à expier pour l’échec de l’organisation qu’il dirige et dont les forces ont abandonné le Rwanda quand le génocide de 1994 a commencé», a poursuivi le porte-parole. Aucun des dirigeants rwandais ne s’est présenté et le dîner n’a pas eu lieu. Kigali était annoncée comme l’étape la plus difficile de la tournée du secrétaire général de l’ONU dans huit pays d’Afrique. Dès son arrivée dans la capitale rwandaise jeudi, Kofi Annan a reçu un avis de tempête en entrant dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Le ministre rwandais des Affaires étrangères Anastase Gasana s’est lancé dans un réquisitoire portant sur 40 ans d’inaction, selon lui, des Nations Unies au Rwanda, avec une insistance attendue sur la période du génocide pendant laquelle Kofi Annan était le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU. «Le peuple rwandais se demande où étaient passées les Nations Unies à l’époque du génocide. Les Nations Unies n’ont pas pu prévenir le génocide alors qu’elles détenaient des informations précises sur ce qui se déroulait au Rwanda», a déclaré Anastase Gasana, sous les applaudissements des députés présents. «Nous sommes en droit de savoir qui était responsable. Imputer la responsabilité du génocide à l’inaction de la communauté internationale, revient à dire que personne n’est réellement responsable», a-t-il ajouté. Trois députés ont ensuite enfoncé le clou. L’un, Polycarpe Gatete, a même interpellé M. Annan sur sa responsabilité personnelle au moment du massacre d’un demi-million à 800.000 victimes, essentiellement des Tutsis et des Hutus modérés. Le repentir d’Annan Pour sa part, M. Annan a fait état d’un repentir. «Nous devons reconnaître et nous reconnaissons que le monde a manqué à ses devoirs envers le Rwanda en cette période de malheur», a-t-il dit, ajoutant que «le monde devrait profondément se repentir pour cet échec». Il n’a recueilli que des applaudissements de courtoisie. Des députés interrogés après la séance ont qualifié ce discours d’insuffisant et ont continué à réclamer toute la vérité sur le rôle de l’ONU en 1994. Le secrétaire général, venu au Rwanda avec comme objectif principal de renouer des relations fructueuses avec Kigali, avait soigneusement écarté de son discours tout ce qui pouvait froisser ses hôtes. Il a offert l’aide de l’ONU à la réconciliation nationale et à la reconstruction du pays. Il a évité de revenir sur la question des droits de l’homme qu’avait soulevée la responsable de l’ONU pour les droits de l’homme Mary Robinson en décembre dernier à Kigali. Il s’est également gardé de tout commentaire sur les exécutions publiques le 24 avril dernier de condamnés pour génocide. En revanche, il a défendu le travail du Tribunal pénal international sur le Rwanda qu’il a visité mardi à Arusha (Tanzanie). Selon le programme de sa visite, Kofi Annan devait se rendre vendredi sur deux sites de génocide proche de Kigali avant de rencontrer les dirigeants rwandais. L’atmosphère de Kigali contrastait avec l’accueil chaleureux offert quelques heures auparavant par les dirigeants burundais au secrétaire général de l’ONU. Le président Pierre Buyoya, mis au pouvoir par un putsch de l’armée à majorité tutsie en juillet 1996, était ravi de recevoir enfin une personnalité de stature mondiale à Bujumbura. (AFP)
Kofi Annan a essuyé jeudi des camouflets en série à Kigali où les plus hauts dirigeants rwandais ont boycotté un dîner officiel offert en son honneur après lui avoir fait subir un réquisitoire contre l’action de l’ONU depuis l’indépendance du pays. Le président Pasteur Bizimungu, le vice-président Paul Kagamé et le premier ministre Pierre Célestin Rwigema ont boycotté jeudi soir le dîner officiel organisé au cercle militaire du Jali Club en l’honneur du secrétaire général des Nations Unies pour «protester contre son arrogance», selon le porte-parole du président rwandais, Joseph Bideri. M. Bideri a estimé que «M. Annan était extrêmement arrogant dans son discours au Parlement. Il était insensible et insultant envers le peuple rwandais», a ajouté le porte-parole. «Il a parlé d’expiation sur le...