Super Mario, Mortal Kombat ou Street Fighter, les jeux vidéo en vogue chez les petits Occidentaux ont trouvé des fans à Abidjan jusque dans les quartiers populaires d’Adjamé ou Yopougon, parmi des enfants qui n’ont parfois pas accès à l’essentiel. Dans une ruelle poussiéreuse d’Adjamé, une modeste cahute de bois peinte en bleu, au toit recouvert d’une bâche de plastique, arbore fièrement l’enseigne «Planète jeux vidéo», peinte en blanc sur le mur. À l’intérieur, dans la pénombre, perchés sur trois bancs de bois, des gamins aux pieds nus ont le regard rivé sur un petit téléviseur. Manettes au poing, ils tentent de mettre leur adversaire K.O. Dehors, une bande d’enfants dépenaillés, parmi lesquels une fillette qui porte son petit frère dans le dos, s’agglutine à la minuscule fenêtre. Au mur, sur un tableau noir décoré de deux guirlandes de Noël, les tarifs sont affichés : 25 F CFA (0,25 FF) le combat, 100 F CFA (1 FF) le match de six minutes. Un «superviseur» d’une quinzaine d’années veille au grain, montre en main. Chaque jour, de 7h.30 à 22h.30, se relaient là des dizaines d’enfants, le plus souvent privés de télévision à la maison. «Quand j’ai pas de cours, je passe toute la journée, pour me distraire», explique Adioukoulé Sémiyu, 13 ans, qui auparavant avait pour seul jeu le football avec les copains de la rue ou le baby-foot, qui trône toujours à côté de la «planète jeux». C’est le propriétaire qui lui a enseigné le maniement de la console et de ses manettes. «Il m’a montré ce que A fait, ce que B fait. Ca s’apprend vite», dit Adioukoulé. Ses parents lui donnent quelques pièces chaque jour, mais pour Noël, il n’est «pas sûr» de recevoir un cadeau. Avoir les moyens Eric Nguessan, 22 ans, ancien vendeur de chaussures, est l’heureux propriétaire de cette «planète». «Je voyais ça un peu partout. J’ai décidé de me lancer il y a cinq mois», explique-t-il à l’AFP. Il affirme avoir déboursé plus de 500 000 F CFA pour l’achat du matériel d’occasion (téléviseur, console super Nintendo et cinq disquettes). Chaque jour, il dit récolter environ 3 à 4 000 F CFA. Soit un revenu mensuel d’environ 100 000 F CFA («pas de loyer, pas de taxes, rien», concède-t-il), non négligeable dans un pays où le salaire mensuel minimum n’excède pas 35 000 F CFA. Après les pharmacies ou les librairies «par terre», l’eau glacée et les vendeuses d’oranges les jeux vidéo ont trouvé leur place dans le secteur informel africain. Des dizaines de salles de jeux de fortune ont ainsi poussé ces derniers mois dans les quartiers d’Abidjan, le plus souvent accolées aux cabines de téléphone public. «Pour gagner de l’argent, il faut vraiment avoir les moyens et investir constamment, ne pas se laisser dépasser par la technologie. Les enfants se lassent vite, et il faut se tenir au courant des derniers modèles», affirmait récemment un gérant, cité par un quotidien ivoirien. Selon lui, dans ce secteur aussi, «la concurrence est impitoyable».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Super Mario, Mortal Kombat ou Street Fighter, les jeux vidéo en vogue chez les petits Occidentaux ont trouvé des fans à Abidjan jusque dans les quartiers populaires d’Adjamé ou Yopougon, parmi des enfants qui n’ont parfois pas accès à l’essentiel. Dans une ruelle poussiéreuse d’Adjamé, une modeste cahute de bois peinte en bleu, au toit recouvert d’une bâche de plastique, arbore fièrement l’enseigne «Planète jeux vidéo», peinte en blanc sur le mur. À l’intérieur, dans la pénombre, perchés sur trois bancs de bois, des gamins aux pieds nus ont le regard rivé sur un petit téléviseur. Manettes au poing, ils tentent de mettre leur adversaire K.O. Dehors, une bande d’enfants dépenaillés, parmi lesquels une fillette qui porte son petit frère dans le dos, s’agglutine à la minuscule fenêtre. Au mur, sur...