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Actualités - Chronologie

Une face ou un Waterloo

La presse et l’opposition grecques ont critiqué mercredi la décision du président chypriote Glafcos Cléridès de renoncer au déploiement des S-300 à Chypre. Les journaux de droite comme de gauche, y compris pro-gouvernementaux, étaient quasi unanimes à voir dans l’affaire des S-300 une «farce» ou un «Waterloo», attestant de l’absence d’une politique efficace pour un règlement à Chypre et de l’incapacité tant de Nicosie que d’Athènes de se soustraire aux diktats américains. La presse grecque s’interrogeait également sur l’intérêt pour la sécurité de Chypre d’un transfert des armes en Crète, sans exclure que cette option nuise à la Grèce en l’impliquant directement face à la Turquie ou ne doive finalement être écartée face à une opposition américaine ou russe. Elefthérotypia (gauche indépendante) évoquait ainsi l’éventualité d’un simple stockage au lieu d’un déploiement, tout en jugeant que Nicosie et Athènes s’étaient exposés, par leur «décision erronée» d’acheter ces armes, à un «recul humiliant» face aux États-Unis. Sur la même longueur d’onde, Avghi (opposition de gauche) estimait que contrairement aux «justifications» officielles, la décision de non-déploiement avait été prise sous pressions internationales, sans qu’aucun progrès réel en vue d’un règlement à Chypre ne soit enregistré. Plus virulent, le principal journal de l’opposition de droite, Elefthéros Typos, accusait en une le Premier ministre grec Costas Simitis d’avoir «vendu Chypre». «25 ans après l’invasion turque, l’île est de nouveau sans défense», clamait sa manchette. Kathémérini (libéral) s’inquiétait pour sa part d’un coup porté à la crédibilité du dogme de défense commune liant la Grèce et Chypre, et jugeait que l’installation des S-300 en Crète ne permettrait pas, contrairement aux déclarations de M. Simitis, d’assurer la sécurité des Chypriotes. Tout comme Ta néa (socialiste pro-gouvernemental), ce quotidien pariait toutefois pour cette option. Citant des sources gouvernementales, les deux journaux indiquaient que les missiles seraient installés d’ici février dans la région de Lassithi, à l’extrémité orientale de la grande île grecque. L’opposition, de droite comme de gauche, n’a pas non plus ménagé ses critiques, s’abstenant toutefois d’affirmer que Nicosie et Athènes auraient dû maintenir leur choix d’un déploiement des missiles à Chypre. Le grand parti conservateur Nouvelle-Démocratie a souligné la nécessité pour le pays de tenter désormais de «réduire les conséquences négatives du choix erroné et sans issue de M. Simitis». «La preuve a été faite de l’échec du dogme de défense commune, que nous avons toujours dénoncé comme une politique aventuriste et inapplicable», a pour sa part déclaré le Parti communiste grec. Les petites formations nationalistes, populiste de gauche Dikki et de droite Pola, se sont indignées de ce qu’ait été reconnu le droit à la Turquie d’imposer ses vues.
La presse et l’opposition grecques ont critiqué mercredi la décision du président chypriote Glafcos Cléridès de renoncer au déploiement des S-300 à Chypre. Les journaux de droite comme de gauche, y compris pro-gouvernementaux, étaient quasi unanimes à voir dans l’affaire des S-300 une «farce» ou un «Waterloo», attestant de l’absence d’une politique efficace pour un règlement à Chypre et de l’incapacité tant de Nicosie que d’Athènes de se soustraire aux diktats américains. La presse grecque s’interrogeait également sur l’intérêt pour la sécurité de Chypre d’un transfert des armes en Crète, sans exclure que cette option nuise à la Grèce en l’impliquant directement face à la Turquie ou ne doive finalement être écartée face à une opposition américaine ou russe. Elefthérotypia (gauche...