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Actualités - Opinion

Un espace pour la liberté

Plongés dans un quotidien touffu et confus, «le risque est que le flux vertigineux d’informations fournies sur tant de choses n’étouffe les questions fondamentales : Qui suis-je ? Où vais-je ?». Ces mêmes questions se posent aussi sur le plan collectif : «Qui sommes-nous ?». Il en va des sociétés comme des hommes. Elles naissent, croissent et meurent. Nous voulons croire que nous sommes encore vivants, et qu’une plus grande maturité politique, sociale, humaine, nous attend. Mais pour cela, une chose est nécessaire : la mémoire. Ce n’est pas nouveau. La mémoire est fondamentale pour l’apprentissage. Nous ne serons vraiment sortis de la guerre que lorsque nous en aurons tiré toutes les leçons. Des propos tenus par M. Sélim Hoss méritent qu’on s’y arrête. Le chef du gouvernement estime qu’il y a «beaucoup de liberté au Liban», mais «peu de démocratie». Pour lui, la démocratie n’existe que là où des comptes sont rendus. C’est-à-dire là où il y a mémoire. A-t-on demandé des comptes à ceux qui se sont rendus coupables de «crimes contre l’humanité» ? À ceux qui ont bombardé les routes aux heures du ramassage scolaire et placé des voitures piégées devant les boulangeries ? On parle de réconciliation et de pardon. C’est parler de mémoire. Pardonner ne signifie pas oublier. On peut même dire que c’est exactement le contraire. C’est se souvenir et dépasser l’offense.Voilà des démarches qui édifient une société, qui l’ennoblissent. Voilà des démarches pour sociétés adultes. Au Rwanda, un pacte d’honneur a été conclu entre des intellectuels qui se sont engagés à «se souvenir» des massacres. En Argentine, l’Église elle-même a parlé d’un «devoir de mémoire». Au Liban, on a voté une loi d’amnistie, sans vraiment savoir qui a fait quoi. On fait comme si rien ne s’était produit, au risque de retomber dans les mêmes erreurs, dans la même liquéfaction du sens national, dans le même stérile effort de façade, et de passer à côté de notre vocation historique. Voilà le devoir de mémoire que nous devons remplir. C’est une tâche ardue, mais exaltante. C’est une tâche d’hommes libres, d’hommes qui savent découvrir ce continent inconnu qu’est la liberté. Et qu’est-ce que la culture, sinon l’aménagement d’un espace pour la liberté ?
Plongés dans un quotidien touffu et confus, «le risque est que le flux vertigineux d’informations fournies sur tant de choses n’étouffe les questions fondamentales : Qui suis-je ? Où vais-je ?». Ces mêmes questions se posent aussi sur le plan collectif : «Qui sommes-nous ?». Il en va des sociétés comme des hommes. Elles naissent, croissent et meurent. Nous voulons croire que nous sommes encore vivants, et qu’une plus grande maturité politique, sociale, humaine, nous attend. Mais pour cela, une chose est nécessaire : la mémoire. Ce n’est pas nouveau. La mémoire est fondamentale pour l’apprentissage. Nous ne serons vraiment sortis de la guerre que lorsque nous en aurons tiré toutes les leçons. Des propos tenus par M. Sélim Hoss méritent qu’on s’y arrête. Le chef du gouvernement estime qu’il y a...