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Actualités - Chronologie

Pour l'Europe, une puissance accrue

L’euro, la monnaie unique européenne, donnera plus de poids et de puissance à l’Europe et lui permettra de parler d’égale à égale avec les États-Unis et le Japon, les deux autres grandes puissances économiques et financières mondiales. La zone euro rassemblera 290 millions de personnes dans onze pays européens, dont l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne. Elle représentera 19,4 % de la production mondiale – un tout petit peu moins que la part des États-Unis – et 18,6 % du commerce mondial global. Vieux rêve des pères de l’Europe, l’Union économique et monétaire verra finalement le jour le 1er janvier 1999, plus de quarante ans après la création du Marché commun européen et huit ans après la décision historique prise par le sommet européen de Maastricht, sous l’impulsion des dirigeants français François Mitterrand et allemand Helmut Kohl. Les atouts d’une monnaie unique européenne sont évidents : l’euro traitera d’égal à égal avec le dollar et le yen sur la scène financière et monétaire mondiale, le dynamisme et la compétitivité des entreprises européennes en sortiront renforcées. Le marché unique européen, pierre angulaire du système, sera consolidé et plus transparent. Les crises monétaires à répétition seront évitées à l’avenir. La convergence des économies européennes sera renforcée et tous les pays de la zone euro seront obligatoirement dans un même cycle économique, ce qui doit leur garantir des taux d’intérêt bas et des déficits publics réduits. «L’euro doit être stable. Le salarié, le retraité et la ménagère doivent avoir la certitude que leur pouvoir d’achat sera garanti», explique Yves Thibault de Silguy, le monsieur euro de la Commission européenne. «Il faut que le billet euro soit pour les Européens ce que le billet vert a été pour les Américains», ajoute-t-il. Pour le consommateur, qui devra abandonner définitivement son deutsche mark, son franc français, sa lire italienne ou sa peseta, les avantages vaudront essentiellement pour les voyageurs qui se déplacent de plus en plus dans une Europe sans frontières. Dans un premier temps, le citoyen ordinaire ne s’apercevra pas de l’existence de l’euro puisque jusqu’en 2002, il continuera à payer ses achats dans sa monnaie nationale. Jusqu’à présent, les banques ont bien annoncé qu’elles supprimaient les frais de change à l’intérieur de la zone euro mais en précisant qu’elles allaient maintenir des frais de manipulation pour des transferts bancaires de pays à pays. En définitive, la grande question est de savoir si l’euro va s’imposer rapidement sur la scène internationale. Les obstacles sont de taille car derrière le front uni de l’euro subsiste une Union européenne de quinze membres, dont le budget annuel ne dépasse pas 100 milliards de dollars et dont l’intégration politique diplomatique reste à faire alors que l’Europe de la défense n’a pas dépassé le stade des intentions. Car les Européens, unis sur l’euro, ne le sont toujours pas sur la destinée de l’Europe : le choix à faire dans la prochaine décennie se situe entre une zone de plus en plus intégrée sur le plan économique, commercial, politique et social ou un vaste marché unique européen, s’étendant progressivement de l’Atlantique à l’Oural mais sans la notion d’Europe-puissance chère à la France. Pour les optimistes, l’euro est un puissant facteur d’intégration qui va entraîner tout le reste et même convaincre les Européens les plus réticents comme la Grande-Bretagne, le Danemark et la Suède. Pour les autres, tout reste encore à faire, malgré la monnaie unique.
L’euro, la monnaie unique européenne, donnera plus de poids et de puissance à l’Europe et lui permettra de parler d’égale à égale avec les États-Unis et le Japon, les deux autres grandes puissances économiques et financières mondiales. La zone euro rassemblera 290 millions de personnes dans onze pays européens, dont l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne. Elle représentera 19,4 % de la production mondiale – un tout petit peu moins que la part des États-Unis – et 18,6 % du commerce mondial global. Vieux rêve des pères de l’Europe, l’Union économique et monétaire verra finalement le jour le 1er janvier 1999, plus de quarante ans après la création du Marché commun européen et huit ans après la décision historique prise par le sommet européen de Maastricht, sous l’impulsion des dirigeants...