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Actualités - Chronologie

Tarez Aziz , fidèle messager de Saddam Hussein

Lorsque le président irakien Saddam Hussein a quelque chose à dire au monde, il choisit presque toujours son vieux compagnon Tarek Aziz pour faire parvenir le message, souvent sur un ton de défi. Chargé d’expliquer l’invasion de l’Iran, en 1980, celle du Koweit, dix ans plus tard, et les crises successives avec les experts de l’Onu en désarmement, Tarek Aziz trouve toujours les mots qui feront les titres de l’actualité. C’est notamment à lui qu’est encore revenue la tâche de répondre à la presse internationale durant et après les quatre nuits de raids américains et britanniques. Les bombardements aériens, qui se sont terminés samedi soir, n’ont pas fait plier l’Irak et c’est l’aplomb de Tarek Aziz, vice-Premier ministre irakien depuis 1991, qui en a le mieux rendu compte. "Non (...) non (...) jamais", a-t-il martelé pour souligner que l’Irak ne sera réceptif à aucun dialogue à moins que le président américain Bill Clinton et le Premier ministre britannique Tony Blair ne rendent compte de leurs "crimes". Il était tout aussi catégorique au sujet de la Commission spéciale de l’Onu chargée de désarmer l’Irak. Pour lui, elle est morte et enterrée. Sa maîtrise de la langue anglaise, étudiée à l’université de Bagdad, lui permet de sortir lorsqu’il veut tout un tas de critiques cinglantes. Vendredi, le franc-parler de M. Aziz a pris pour cible la France. L’exercice d’équilibre auquel s’est livré le Quai d’Orsay durant l’attaque a été qualifié d’ "opportuniste" et d’ "insultant pour l’intelligence des Arabes" par le vice-Premier ministre. M. Chirac veut le beurre et l’argent du beurre, a affirmé en substance M. Aziz, reprochant surtout au chef de l’État français d’avoir fait porter à Saddam Hussein la responsabilité de l’attaque. Portant ses épaisses lunettes en écaille et vêtu d’un uniforme kaki, il est revenu à la charge lundi soir, ironisant sur des propositions faites par la France pour mettre un terme à la crise. Il a dit ne pas savoir ce que M. Chirac "avait dans la tête" et lui a "conseillé" calmement de s’intéresser à d’autres problèmes de désarmement, comme "en Inde, au Pakistan" et en "Israël". M. Aziz, qui voyage beaucoup, a toujours eu la confiance du président irakien pour prendre sa défense devant les Occidentaux. Il l’a fait tellement de fois qu’il est l’un des rares responsables à avoir survécu aux purges successives et conservé de hautes fonctions sans être pour autant apparenté à Saddam Hussein. Nommé ministre des Affaires étrangères en 1983, on lui attribue le mérite d’avoir obtenu pour son pays l’appui de l’Occident durant la guerre contre l’Iran. Mais l’actuel Premier ministre russe, Evgueni Primakov, un spécialiste du Proche-Orient, décrit M. Aziz comme "un facteur pour transmettre les messages, qui ne peut pas prendre de décisions tout seul". Selon des diplomates, ceci est dû au fait que M. Aziz, né en 1936 dans une modeste famille chrétienne assyrienne de la région de Mossoul, ne fait pas partie du cercle intime du président irakien, formé de musulmans sunnites de Takrit, sa ville natale. Mais Tarek Aziz est un compagnon de la première heure du président irakien au sein du parti Baas, organisation nationaliste arabe laïque. Les deux hommes se connaissent depuis la fin des années 50. Dès 1963, M. Aziz faisait partie de la direction du Baas, chargé de la propagande, cinq années avant que l’organisation ne prenne le pouvoir. Il a ensuite dirigé le journal du parti, Al-Saoura, avant de devenir ministre de l’Information, de 1974 à 1977. Comme tous les militants baassistes, il est entraîné au combat. C’est ce qui lui a permis d’avoir la vie sauve lorsqu’une grenade fut lancée dans sa direction à l’Université de Bagdad, le 1er avril 1980.
Lorsque le président irakien Saddam Hussein a quelque chose à dire au monde, il choisit presque toujours son vieux compagnon Tarek Aziz pour faire parvenir le message, souvent sur un ton de défi. Chargé d’expliquer l’invasion de l’Iran, en 1980, celle du Koweit, dix ans plus tard, et les crises successives avec les experts de l’Onu en désarmement, Tarek Aziz trouve toujours les mots qui feront les titres de l’actualité. C’est notamment à lui qu’est encore revenue la tâche de répondre à la presse internationale durant et après les quatre nuits de raids américains et britanniques. Les bombardements aériens, qui se sont terminés samedi soir, n’ont pas fait plier l’Irak et c’est l’aplomb de Tarek Aziz, vice-Premier ministre irakien depuis 1991, qui en a le mieux rendu compte. "Non (...) non (...) jamais",...