Le procès en destitution du président Bill Clinton pourrait avoir un impact sur l’économie américaine l’an prochain, dont un ralentissement est d’ores et déjà attendu après sept années consécutives de croissance. Après une alerte à l’automne, vite corrigée par une baisse répétée des taux d’intérêt, la croissance économique américaine devrait rester solide en 1999. Telle était l’opinion des économistes ces derniers jours, juste avant que la Chambre des représentants ne vote samedi pour la destitution du président. Les économistes s’interrogent maintenant sur les retombées d’un procès qui s’installerait dans la durée et détournerait l’ensemble de l’exécutif de ses fonctions. «Si le procès devait durer deux à trois mois, ce serait très mauvais», a estimé Veronika White, économiste de First Union. La durée du procès, plus que la procédure, pourrait avoir des conséquences sur l’économie: en traînant en longueur, les débats au Sénat auraient «un impact négatif pour les industriels et les consommateurs, et nous aurions un ralentissement assez net de la croissance», a-t-elle ajouté. Même impression pour Marshall Ecuff, analyste chez Salomon Smith Barney, qui a estimé que «si l’affaire devait traîner jusqu’en avril, alors cela provoquerait des perturbations sur le marché boursier» pourtant généralement plus focalisé sur les perspectives des entreprises. Il est clair que le gouvernement américain aurait d’autres préoccupations que l’économie et la bonne marche des affaires si l’incertitude prévalait pendant plusieurs mois, a ajouté Marshall Ecuff. «Le procès sera juste, impartial et, selon moi, mené rapidemment, trois jours ou trois semaines si la Maison Blanche le veut», a déclaré lundi Don Nickles, sénateur républicain de l’Oklahoma, sur la chaîne de télévision Fox. En attendant, les économistes restent confiants pour l’année prochaine même si la croissance sera moins forte qu’en 1998. L’économie américaine devrait progresser de 2,5% en 1999 après 3,7% cette année, a parié Veronika White. Lundi, dans sa révision sur les perspectives mondiales, le Fonds monétaire international, toujours plus pessimiste, a estimé que la croissance américaine devrait marquer un net ralentissement en progressant de 1,8% l’an prochain. Le FMI évite bien sûr de prendre en compte l’avenir de Bill Clinton pour établir ses prévisions. Reste que la destitution du président serait un mauvais coup pour l’économie, selon Veronika White. «Si Bill Clinton devait partir de la Maison Blanche et être remplacé par le vice-président Al Gore — qui n’a pas une forte personnalité, ni de charisme politique — alors cela ouvrirait une période d’incertitudes et pourrait coûter un quart de point de croissance l’an prochain», a indiqué cette économiste.
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