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Actualités - Chronologie

Les Etats-Unis confrontés au procès du siècle (photo)

Après le vote pour la destitution, les États-Unis vont être bientôt confrontés au procès du siècle, celui devant le Sénat de William Jefferson Clinton, 42e président, accusé de parjure et d’entrave à la justice en relation avec l’affaire Lewinsky. Le seul procès d’un président américain remonte à plus d’un siècle, et faute de précédent historique récent, dans une atmosphère politique à couteaux tirés, nul expert ne prenait le risque de prédire la durée de ce procès, ni la route qu’il ferait prendre au pays traumatisé. «Tout sera différent» après le vote de la Chambre des représentants, soulignait l’expert de la présidence Allan Lichtman. «La dynamique va complètement changer». En théorie, le Sénat n’est pas obligé de conduire ce procès à terme. Il peut à tout moment décider de l’ajourner par un vote à la majorité simple, il peut aussi décider de lui substituer un blâme officiel, l’option toujours souhaitée par une majorité d’Américains, et en faveur de laquelle le New York Times plaidait dans un éditorial. Mais Trent Lott, le leader de la majorité républicaine au Sénat, a voulu cette semaine fermer la porte à tout compromis. «Le Sénat, a-t-il dit, fera son devoir constitutionnel, nous tiendrons ce procès, et il n’y aura pas de négociations lorsque nous commencerons». Le procès pourrait ainsi débuter en janvier, lorsque le Sénat reprendra ses travaux. Pour les plus pessimistes, il pourrait se poursuivre jusqu’à l’été, paralysant le Congrès et la Cour suprême (son président, William Rehnquist, devra présider le procès), et affaiblissant plus encore la Maison-Blanche. Les plus optimistes voient un procès express, bouclé en quelques semaines, avec l’acquittement de M. Clinton. Les républicains (55) ne disposent en effet pas au Sénat de la majorité des deux tiers (67 voix), nécessaire pour chasser Bill Clinton de la présidence. Craintes plus grandes Mais plus encore que ce procès, la Maison-Blanche redoute désormais une virulente campagne des républicains appelant à la démission du président. Samedi, en annonçant sa propre démission, le speaker (président) de la Chambre élu Bob Livingston a exprimé l’espoir que M. Clinton suivrait son exemple. Il y a quelques jours, le président de la commission judiciaire Henry Hyde avait déjà appelé à la démission de M. Clinton. Et deux démocrates ont exprimé le même souhait lors du débat vendredi à la Chambre. Le président Clinton a cependant réaffirmé samedi, après sa mise en accusation, qu’il n’en avait pas l’intention. «Le président reste toujours déterminé à trouver un compromis qui placera toute cette affaire derrière nous», a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Joe Lockhart. L’opinion publique semble quant à elle désorientée, toujours désireuse de se débarrasser d’un scandale qui n’a que trop duré. Selon un sondage New York Times /CBS, 62% des personnes interrogées voulaient que leur représentant vote contre la destitution de M. Clinton. Mais 43% souhaitaient que M. Clinton démissionne si la Chambre vote pour sa destitution. 53% y étaient opposées. M. Clinton sera le deuxième président des États-Unis jugé au Sénat pour «crimes graves». Il rejoindra dans l’histoire le démocrate Andrew Johnson, jugé pendant trois mois en 1868 pour avoir limogé son secrétaire à la Guerre sans en référer au Congrès. Andrew Johnson avait été acquitté à une voix près par un Sénat à majorité républicaine, qui pensait pourtant disposer des votes nécessaires.
Après le vote pour la destitution, les États-Unis vont être bientôt confrontés au procès du siècle, celui devant le Sénat de William Jefferson Clinton, 42e président, accusé de parjure et d’entrave à la justice en relation avec l’affaire Lewinsky. Le seul procès d’un président américain remonte à plus d’un siècle, et faute de précédent historique récent, dans une atmosphère politique à couteaux tirés, nul expert ne prenait le risque de prédire la durée de ce procès, ni la route qu’il ferait prendre au pays traumatisé. «Tout sera différent» après le vote de la Chambre des représentants, soulignait l’expert de la présidence Allan Lichtman. «La dynamique va complètement changer». En théorie, le Sénat n’est pas obligé de conduire ce procès à terme. Il peut à tout moment...