L’opération Renard du désert a suscité un profond malaise en France, qui se traduit par une position officielle embarrassée face aux raids américano-britanniques, et une forte hostilité de la classe politique et de la presse. Paris a semblé tâtonner pour finalement définir une position à mi-distance entre acceptation et réprobation. Il a fallu plusieurs déclarations successives du ministère des Affaires étrangères puis du palais de l’Élysée, pour parvenir à une ferme condamnation de l’attitude de Saddam Hussein, assortie d’un grand scepticisme face à l’efficacité des frappes militaires. «La responsabilité incombe clairement au président irakien», a indiqué le président français Jacques Chirac, tandis que le ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine affirmait qu’un règlement politique de la crise irakienne aurait été possible et préférable à l’action militaire. Le recours à la force était devenu «inévitable», mais «inévitable ne veut pas dire nécessaire», a tenté de résumer le Premier ministre Lionel Jospin. La France travaille désormais à «la sortie de crise». Elle espère que sa position au sein du Conseil de sécurité de l’Onu et le dialogue qu’elle a toujours entretenu avec Bagdad l’autoriseront à jouer un rôle dans les semaines à venir. Les responsables français ne cachent pas leur irritation face à la manière dont les opérations militaires ont été déclenchées, et face à l’absence de véritable débat au Conseil de sécurité sur le rapport du chef de la commission de l’Onu sur le désarmement de l’Irak Richard Butler. La position de moyen terme des autorités françaises ne trouvait guère de relais dans la classe politique. «Il manque un de Gaulle à la France», a lancé l’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing, estimant qu’«il faudrait que la France parle d’une voix forte» face à «l’hégémonie politique» des États-Unis. La majorité plurielle, qui soutient le gouvernement de Lionel Jospin, est allée beaucoup plus loin que les autorités françaises dans sa critique des États-Unis. «Cessez ces frappes absurdes», a appelé vendredi le président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, le socialiste Jack Lang.
L’opération Renard du désert a suscité un profond malaise en France, qui se traduit par une position officielle embarrassée face aux raids américano-britanniques, et une forte hostilité de la classe politique et de la presse. Paris a semblé tâtonner pour finalement définir une position à mi-distance entre acceptation et réprobation. Il a fallu plusieurs déclarations successives du ministère des Affaires étrangères puis du palais de l’Élysée, pour parvenir à une ferme condamnation de l’attitude de Saddam Hussein, assortie d’un grand scepticisme face à l’efficacité des frappes militaires. «La responsabilité incombe clairement au président irakien», a indiqué le président français Jacques Chirac, tandis que le ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine affirmait qu’un règlement politique de la...
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