La calligraphie et les inscriptions arabes ornant les monuments islamiques du Caire sont en train d’être sauvées de l’oubli grâce à une équipe d’experts dirigée par un professeur américain d’art islamique. Travaillant avec un budget de 150 000 dollars, l’équipe de six experts conduite par le professeur Bernard O’kane de l’Université américaine du Caire (AUC) répertorie, reproduit et traduit les inscriptions qui figurent sur des monuments bâtis avant le XIXe siècle. L’objectif du Projet sur l’épigraphie des monuments (PEM), financé par l’Agence américaine pour le développement international (USAID) grâce à un don au Centre américain de recherches du Caire (ARCE) et l’AUC, est de mieux connaître ces bâtiments et de clarifier leurs fonctions, ont indiqué les experts, qui ne veulent pas être cités. Lancé en 1996, ce projet, qui doit durer six ans, s’inscrit dans le souci croissant de préserver Le Caire islamique, où des centaines de monuments sont menacés de destruction par la montée des eaux, la pollution et le manque de fonds pour les sauver. M. O’Kane et son équipe se sont fixé pour tâche de préserver ces merveilles architecturales pour les futures générations d’historiens, de philologues, d’épigraphes et d’architectes. Farsi Nasta’liq «Le Caire est la ville qui possède la plus grande densité de monuments islamiques au monde. Les monuments sont dans un état déplorable et dans cinquante ans, il en restera bien peu», a souligné M. O’Kane à AUC Today, la revue de l’université. Le gouvernement égyptien doit allouer ce mois-ci 71 millions de dollars pour restaurer 161 monuments menacés, alors que le Centre du patrimoine mondial de l’Unesco, l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, doit discuter d’un plan triennal de réhabilitation. L’étude du PEM concerne 450 monuments sur plus d’un millier qui sont en danger et il s’agit d’un pas très important dans le travail de documentation du Caire islamique, estiment les experts. Avant de commencer, l’équipe a fait une recherche systématique dans des centaines de publications pour déterminer les inscriptions qui avaient déjà été relevées et pour se concentrer sur celles oubliées dans le quartier de Darb al-Ahram, dans Le Caire islamique. «L’équipe photographie les inscriptions, digitalise les négatifs et les répertorie sur des ordinateurs afin de faire cataloguer les monuments», a souligné l’ARCE. Outre la banque de données, l’équipe espère faire connaître ces inscriptions en éditant un livre et un CD-rom. Lire et traduire les inscriptions est aussi une tâche essentielle des experts pour mieux comprendre les bâtiments, la date de leur construction, leur fonction et savoir à qui le bâtiment était dédié. Différentes calligraphies, notamment le flamboyant Farsi Nasta’liq et l’élégant et l’ornemental Kufi Naskh, ont été utilisées pour ces inscriptions. Il y a souvent des citations du Coran, des vers ou des dédicaces, a affirmé un des experts impliqués dans le travail. Art figuratif sous la bannière de l’islam, la calligraphie est omniprésente dans les monuments religieux ou séculiers islamiques. ARCE est une organisation à but non lucratif fondée en 1948 pour aider la recherche de tous les aspects de la civilisation et de la culture en Égypte et travaille en étroite collaboration avec le Conseil supérieur des antiquités.
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