La sclérose en plaques est une maladie du système nerveux central qui atteint la myéline, une matière située dans la substance blanche du cerveau et de la moelle. La myéline est essentielle, car elle forme une gaine nourricière et protectrice autour des fibres nerveuses. Elle facilite aussi la transmission de l’influx nerveux, ce courant électrique transmis par les nerfs. Au cours de la sclérose en plaques, une réaction inflammatoire détruit la myéline par petites régions (ou plaques). À la suite de cette destruction, se produit, quelques semaines plus tard, une cicatrisation qui s’endurcit, formant une sclérose. C’est le grand neurologue français Jean-Martin Charcot qui a décrit le premier cette maladie, lui donnant son appellation actuelle: sclérose en plaques (1868). Pas de forme unique La particularité de cette maladie c’est qu’elle n’a pas de forme unique. Chaque cas est différent de l’autre, et ceci parce que l’ensemble du système nerveux risque d’être touché comme au hasard: perte de la vision d’un œil (momentanée), des anomalies de la sensibilité (fourmillements, décharges nerveuses) pendant plusieurs jours. On note des paralysies, des ataxies (non coordination des mouvements), des tremblements, des vertiges, des problèmes urinaires, des pertes d’équilibre. Tous ces troubles régressent puis disparaissent après quelques jours ou quelques semaines. L’évolution est toujours imprévisible. Au début, les poussées, toujours anarchiques et inattendues, ne laissent pas de séquelles immédiates. Elles se multiplient très vite et les séquelles peuvent apparaître alors. En se multipliant, elles aboutissent parfois à de lourds handicaps. Certaines formes évoluent très peu. D’autres sont, d’emblée, très graves. Deux fois plus que les hommes Les femmes sont touchées deux fois plus que les hommes. Surtout entre 20 et 40 ans. Le risque paraît plus élevé lorsqu’il existe déjà un malade dans la famille proche. Comme il n’existe aucun test de certitude, le diagnostic se fait par accumulation de signes et de symptômes évocateurs. L’examen d’un malade accumulant différents troubles du système nerveux, sous forme de poussées, alerte l’attention du médecin. L’exploration par l’imagerie, par résonance magnétique (IRM) révèle des anomalies au niveau de la substance blanche du cerveau. L’analyse du liquide céphalo-rachidien permet de confirmer ou dissiper les soupçons. Le diagnostic n’est jamais affirmé avant la survenue d’une seconde poussée significative. Pour l’instant, les causes de cette maladie invalidante ne sont pas connues. On lui reconnaît une influence génétique certaine, mais certains virus et l’environnement jouent également un rôle prépondérant. Il se créé une réaction auto-immune pouvant être favorisée, ou même provoquée, par un virus. C’est-à-dire l’organisme du malade considère la myéline comme une substance étrangère contre laquelle il combat à l’aide des anticorps du système immunitaire. La personne atteinte fait les frais de cette guerre civile organique. La cortisone à haute dose était la seule arme disponible pendant longtemps. Aujourd’hui, des traitements différenciés sont adaptés à certaines formes de la maladie. Le Bétaferon est le seul médicament reconnu avoir une indication dans la sclérose en plaques. Il permet de réduire la fréquence et l’intensité des poussées, sans toutefois guérir leur cause. Un tiers des patients profite beaucoup de l’action de cette molécule. Les autres échappent progressivement à son efficacité. Aux États-Unis, un nouveau produit, le Copolymère devient support à beaucoup d’espoir. Il s’agit d’une molécule proche, quasi-similaire, de la myéline qui agit en quelque sorte comme un «désensibilisant» de l’organisme vulnérable, baissant sensiblement sa riposte imminutaire contre la myéline. Plusieurs pays européens sont en train d’examiner le dossier, en vue de sa large commercialisation dans cette partie du monde. Parallèlement, plusieurs laboratoires financent des recherches très importantes, dont l’objectif serait la mise au point de produits supprimant la réaction organique contre la myéline, origine principale de la sclérose en plaques (SEP). Les travaux avancent si vite que tous les espoirs sont permis.
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