Le Comité international olympique s’est mis en alerte rouge. Il dispose de peu de temps pour tenter d’éteindre l’incendie allumé par l’un de ses membres, qui a révélé l’existence de corruption à grande échelle liée aux procédures de candidature à l’organisation des Jeux olympiques. Une enquête menée dans «les plus brefs délais» doit livrer «la substance qui existe réellement derrière toutes ces rumeurs et allégations». Les conclusions que doit rendre la commission spéciale chargée de ce dossier brûlant, confié au Canadien Dick Pound, pourraient entraîner «des changements profonds» dans le processus de campagne de candidatures et les procédures de désignation des villes candidates. Dans le but d’éviter le pire pour l’œuvre du baron fondateur Pierre de Coubertin. Devant l’ampleur du choc qui fait trembler, et cette fois de l’intérieur, l’édifice olympique, le CIO veut aller vite. Il y a urgence. Il veut «crever rapidement l’abcès» et annoncer des mesures avant même d’aller chercher un consensus sur le dopage, autre «priorité absolue», lors de la conférence mondiale avec les gouvernements début février. Muselé Le CIO avait bien connaissance des agissements d’agents intermédiaires, dénoncés par Me Hodler, a confessé Dick Pound. Moyennant de fortes sommes, ces agents, au nombre de quatre, se font fort d’apporter à leurs «clients», les villes candidates, un nombre «en bloc» de voix de membres du CIO qui doivent, eux-mêmes, avoir des intérêts à se prêter à ces pratiques. C’est ce dernier point qui inquiète le plus. «Nous allons rapidement chercher à savoir quelle substance il y a réellement derrière tout cela», a répété plusieurs fois Dick Pound qui reconnaît l’extrême délicatesse de sa mission. Il la sait «vitale» pour l’institution à laquelle il appartient. Me Hodler avait ajouté au poids de ses déclarations l’intervention de Fiat dans l’attribution des championnats du monde de ski alpin en 1997 à Sestrières alors qu’il était encore président de la Fédération internationale de ski (FIS). La firme italienne a démenti avoir distribué des centaines de voitures pour s’assurer des voix. De son côté, le CIO s’est empressé de souligner que l’événement était non olympique et ne relevait pas de sa responsabilité. Le coup porté à la candidature de Turin, siège de la Fiat, pour les JO d’hiver de 2006 est néanmoins sérieux. Me Hodler, qui sera plusieurs fois auditionné par la commission Pound, dit avoir reçu l’ordre de ne plus faire de déclarations à la presse. «J’ai été muselé sur ordre présidentiel», a-t-il furtivement lancé dimanche, écartant toute possibilité de démission. «Exclu... ou fusillé? Peut-être!», a-t-il lancé. Le CIO a également tenu à préserver de la tempête Salt Lake City en exprimant son entière confiance au comité d’organisation. Il a implicitement dégagé la responsabilité du SLOC (Salt Lake Organizing Committee) dans l’affaire de l’attribution de bourses d’études universitaires à de proches parents de six membres du CIO dans la campagne de candidature pour les Jeux de 2002. Les Américains ont juré d’aider à ce que toute la lumière soit faite.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Comité international olympique s’est mis en alerte rouge. Il dispose de peu de temps pour tenter d’éteindre l’incendie allumé par l’un de ses membres, qui a révélé l’existence de corruption à grande échelle liée aux procédures de candidature à l’organisation des Jeux olympiques. Une enquête menée dans «les plus brefs délais» doit livrer «la substance qui existe réellement derrière toutes ces rumeurs et allégations». Les conclusions que doit rendre la commission spéciale chargée de ce dossier brûlant, confié au Canadien Dick Pound, pourraient entraîner «des changements profonds» dans le processus de campagne de candidatures et les procédures de désignation des villes candidates. Dans le but d’éviter le pire pour l’œuvre du baron fondateur Pierre de Coubertin. Devant l’ampleur du choc...