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Actualités - Chronologie

La Déclaration de 1948, pierre de touche du droit international

Votée en réaction aux atrocités de l’Holocauste, la Déclaration universelle des droits de l’homme s’est imposée en un demi-siècle comme la pierre de touche du droit international même si beaucoup reste à faire. Réunie à Paris, l’Assemblée générale des Nations unies adopta le 10 décembre 1948 le texte dont l’article 1er stipule que «tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits». Par rapport à la première Déclaration des droits de l’homme, il comporte un ajout de taille: la notion de «dignité», absente du texte adopté par les révolutionnaires français en août 1789. Votée par 48 des 58 membres – 2 absents, 8 abstentions –, la Déclaration universelle de 1948 était à l’origine destinée à protéger les dissidents politiques d’Union soviétique et d’Amérique latine pendant la guerre froide. La Déclaration constitue une base pour la défense de droits politiques fondamentaux comme la liberté d’expression et d’association, mais n’oublie pas les droits économiques et sociaux comme le droit à la propriété et le droit au travail. Elle a donné naissance à plus de 60 dispositions, qui constituent une sorte de base juridique pour le respect des droits de l’homme dans le monde, et elle protège aujourd’hui une frange beaucoup plus large de personnes qu’à l’origine. En juin 1993, 171 États ont réitéré leur adhésion au texte lors de la conférence mondiale sur les droits de l’homme à Vienne. Un des grands succès de la Déclaration a été la naissance dans la foulée du vote de 1948 d’un mouvement de défense des droits de l’homme «pour obliger les gouvernements à respecter ces droits», explique Reed Brody, responsable de l’organisation non-gouvernementale Human Rights Watch. «Du collectif de pêcheurs du Cambodge aux groupes de femmes du Pérou, tous sont unis sur une plate-forme définie par la Déclaration et demandant aux gouvernements d’appliquer les mêmes règles», se félicite-t-il. «Aujourd’hui, aucun gouvernement n’avoue lui-même qu’il pratique la torture». Autres victoires à ses yeux: la comparution des auteurs du génocide rwandais et bosniaque ou l’arrestation spectaculaire de l’ancien dictateur chilien Augusto Pinochet qui va inciter «les futurs tyrans à réfléchir avant de commettre des massacres collectifs». Il salue aussi l’adoption en juillet des statuts de la future Cour pénale internationale (CPI). Cette instance permanente à vocation universelle sera amenée à juger les crimes les plus graves. Devenue incontournable, la Déclaration de 1948 n’a pas empêché la répétition des tragédies. Ces vingt dernières années, l’humanité a connu deux génocides, après celui du Cambodge dans les années 70 dont les coupables n’ont jamais été jugés, souligne M. Brody. Si la Déclaration devait être renégociée, les gouvernements d’aujourd’hui se montreraient probablement plus restrictifs sur la liste des droits de l’homme que ne l’ont été les signataires de 1948 plus visionnaires, fait-il valoir. «Souvent, on pense que c’est l’Asie qui représente la plus grande menace pour les droits de l’homme. Mais un des défis les plus importants vient des États-Unis». Washington s’oppose non seulement à la création de la Cour pénale internationale voulue par plus de 100 autres pays, mais c’est aussi le seul pays avec la Somalie qui n’a toujours pas ratifié la convention sur les droits des enfants.
Votée en réaction aux atrocités de l’Holocauste, la Déclaration universelle des droits de l’homme s’est imposée en un demi-siècle comme la pierre de touche du droit international même si beaucoup reste à faire. Réunie à Paris, l’Assemblée générale des Nations unies adopta le 10 décembre 1948 le texte dont l’article 1er stipule que «tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits». Par rapport à la première Déclaration des droits de l’homme, il comporte un ajout de taille: la notion de «dignité», absente du texte adopté par les révolutionnaires français en août 1789. Votée par 48 des 58 membres – 2 absents, 8 abstentions –, la Déclaration universelle de 1948 était à l’origine destinée à protéger les dissidents politiques d’Union soviétique et...