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Actualités - Chronologie

Approfondir l'idée d'une défense commune

Pour faire oublier leurs divisions sur le dossier chaud de la réforme des finances, les Quinze vont approfondir leurs discussions sur l’idée d’une relance de l’Europe de la défense. Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne tenteront, lors du sommet de vendredi et samedi à Vienne, de préciser les contours d’une future identité européenne de défense dont l’idée a été relancée grâce à un récent revirement de Londres. Le président français Jacques Chirac et le Premier ministre britannique Tony Blair vont présenter à Vienne l’accord qu’ils ont scellé le 4 décembre et qui prévoit de doter l’UE d’une «capacité autonome d’action appuyée sur des forces militaires crédibles» prêtes à intervenir dans «des crises internationales». Cette idée a déjà reçu un très bon accueil de la part des ministres des Affaires étrangères de l’UE réunis à Bruxelles en début de semaine, selon la France, qui reconnaît que le changement d’attitude du gouvernement travailliste britannique sur la défense a permis de «faire bouger les choses». Lors d’un sommet informel en octobre à Pörtschach, en Autriche, Tony Blair avait surpris en expliquant que la crise au Kosovo avait démontré que l’UE devait pouvoir exercer à ses frontières une menace militaire pour appuyer sa diplomatie, spécialement lorsque les États-Unis ne souhaitent pas s’impliquer. Un discours totalement nouveau de la part du Royaume-Uni, pays très atlantiste et jusqu’alors extrêmement méfiant à l’égard de toute initiative pouvant porter ombrage à l’Otan et aux États-Unis. Après ce revirement qui s’explique par la volonté de Londres de jouer un rôle clé au sein de l’UE en dépit de son choix de ne pas participer à l’euro, reste la tâche délicate de déterminer la forme que prendra la future identité européenne de défense, sans froisser les États-Unis. Dans cette perspective, les Quinze devront notamment décider du sort de la seule structure européenne de défense, l’Union de l’Europe occidentale (UEO) qui, créée en 1948, n’a jamais joué en 50 ans qu’un rôle subalterne et dont la disparition en tant que telle semble programmée. Soit elle sera dissoute, solution qui a la préférence des Britanniques et est ouvertement demandée par l’Espagne et les Pays-Bas, soit, comme le souhaite la France, elle se fondera dans l’Union européenne en lui offrant les moyens dont elle dispose en matière de planification, de renseignement et d’évaluation des situations. Outre la question institutionnelle, les Quinze doivent améliorer leurs capacités militaires pour peser dans la gestion de crises. Ils disposent déjà de plusieurs unités multinationales, mais certaines d’entre elles, comme le Corps européen, semblent davantage organisées pour faire face à une invasion majeure que pour intervenir dans des conflits localisés. Pour les crises moyennes et importantes, comme en Bosnie, les Européens ne pourront pas se passer de moyens humains et matériels de l’Otan, dont la mise à disposition requiert une autorisation expresse des États-Unis. Pour de petites missions, impliquant moins de 10 000 hommes, une participation des seuls Européens est possible. Les Européens ont la volonté dans ce cadre de ne pas provoquer de confrontation avec les États-Unis, puissance dominante au sein de l’Alliance et qui refusera qu’une Europe de la défense se fasse au détriment de l’Otan. «Nous ne voulons pas que l’identité européenne de défense sape la vitalité de l’Otan», a dit mardi au quotidien français Le Monde le secrétaire d’État américain Madeleine Albright, en se félicitant cependant que «les Européens soient en mesure de partager avec (les Américains) le poids de la défense».
Pour faire oublier leurs divisions sur le dossier chaud de la réforme des finances, les Quinze vont approfondir leurs discussions sur l’idée d’une relance de l’Europe de la défense. Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne tenteront, lors du sommet de vendredi et samedi à Vienne, de préciser les contours d’une future identité européenne de défense dont l’idée a été relancée grâce à un récent revirement de Londres. Le président français Jacques Chirac et le Premier ministre britannique Tony Blair vont présenter à Vienne l’accord qu’ils ont scellé le 4 décembre et qui prévoit de doter l’UE d’une «capacité autonome d’action appuyée sur des forces militaires crédibles» prêtes à intervenir dans «des crises internationales». Cette idée a déjà reçu un très bon...