Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

L'affrontement de deux stratégies

M. Le Pen, 70 ans, tribun aux dérapages verbaux assassins, de plus en plus contesté, revendique la propriété du troisième parti de France qu’il avait fondé il y a 26 ans et qu’il cantonne dans la marginalité, malgré les quelque 15% des suffrages recueillis dans les scrutins nationaux. Il rejette tout contact non seulement avec la gauche, mais aussi avec la droite modérée, appelant le tout la «bande des quatre» (socialistes, communistes, gaullistes et libéraux). M. Mégret, un polytechnicien de 49 ans, qui avait milité au RPR gaulliste avant de rallier le FN en 1981, détenteur d’une ligne plus souple, est au contraire partisan d’accords avec la droite classique. Sa stratégie a été couronnée de succès à l’occasion des élections régionales de mars 1998, où plusieurs présidents de la droite libérale UDF ont été élus grâce à l’appoint de voix FN, brisant le cordon sanitaire tendu autour de ce parti. Ces alliances avec le parti qualifié de «xénophobe et raciste» par le président gaulliste Jacques Chirac ont cependant provoqué un séisme politique et conduit à l’éclatement de l’UDF, entre adversaires farouches de tout lien avec le FN et les libéraux, plus ouverts. Une éventuelle scission du Front national pourrait donner des espoirs, en termes électoraux, à la droite parlementaire, toujours traumatisée par sa défaite aux législatives, consécutive à la dissolution désastreuse de l’Assemblée nationale en juin 1997 par le président Chirac, et par ses échecs électoraux suivants. Le Parti socialiste, premier parti de la coalition de gauche au pouvoir, a aussi estimé que le «processus de scission était en route». Mais son chef François Hollande s’est employé à tirer un trait d’union entre les deux rivaux, qualifiés de «bonnet brun, brun bonnet» par le quotidien Le Monde. «Que le président du Front national s’appelle Jean-Marie Le Pen ou qu’il s’appelle Bruno Mégret, ça reste un parti d’extrême-droite xénophobe et raciste», a souligné M. Hollande.
M. Le Pen, 70 ans, tribun aux dérapages verbaux assassins, de plus en plus contesté, revendique la propriété du troisième parti de France qu’il avait fondé il y a 26 ans et qu’il cantonne dans la marginalité, malgré les quelque 15% des suffrages recueillis dans les scrutins nationaux. Il rejette tout contact non seulement avec la gauche, mais aussi avec la droite modérée, appelant le tout la «bande des quatre» (socialistes, communistes, gaullistes et libéraux). M. Mégret, un polytechnicien de 49 ans, qui avait milité au RPR gaulliste avant de rallier le FN en 1981, détenteur d’une ligne plus souple, est au contraire partisan d’accords avec la droite classique. Sa stratégie a été couronnée de succès à l’occasion des élections régionales de mars 1998, où plusieurs présidents de la droite libérale...