Lettres en tout genre au gouvernement de Tony Blair, plaintes pénales, spéculations sur un éventuel communiqué d’Augusto Pinochet et «pèlerinage» de partisans de l’ex-dictateur à Londres : le Chili est en effervescence à l’approche de la décision du ministre de l’Intérieur britannique Jack Straw sur le sort de Pinochet. Partisans et adversaires de Pinochet ont multiplié ces derniers jours les démarches auprès des autorités britanniques pour tenter d’influencer M. Straw, qui dispose jusqu’au vendredi 11 décembre pour décider s’il accepte ou non la demande d’extradition présentée par la justice espagnole. Des personnalités, partis politiques et même une organisation de professeurs ont choisi de s’adresser par écrit au ministre de l’Intérieur britannique afin de lui exposer leurs arguments respectifs. À défaut d’avoir obtenu une entrevue avec M. Blair, comme il l’avait sollicité, le président du Sénat, le démocrate-chrétien Andres Zaldivar, s’est résigné à présenter dans une lettre ses arguments pour un «rapide retour du sénateur» Pinochet au Chili, vu la situation «délicate» du pays. Dans sa missive, le candidat démocrate-chrétien aux élections présidentielles de 1999, a affirmé disposer du soutien de tous les sénateurs, un argument qui a fait bondir ses partenaires de la coalition gouvernementale de centre-gauche. La semaine dernière, un groupe de députés socialistes s’était adressé au gouvernement britannique pour demander exactement le contraire: l’extradition de Pinochet vers l’Espagne pour qu’il y soit jugé pour les crimes commis sous son régime (1973-1990). Cette démarche socialiste a provoqué une forte averse de critiques et d’accusations. Un groupe d’une trentaine de partisans de Pinochet a d’ores et déjà annoncé qu’il porterait plainte contre les signataires de la lettre pour avoir enfreint la loi de sécurité de l’État. «Ce ne sont pas les socialistes qui ont fait arrêter Pinochet à Londres», s’est défendu mardi le président du Parti socialiste, Ricardo Nunez, avant d’ajouter : «Nous sommes accusés de tous les maux». De leur côté, près de 150 partisans de l’ancien dictateur ont commencé à arriver à Londres pour demander la libération de Pinochet. L’Armée de terre a aussi choisi de se joindre aux efforts déployés en Angleterre pour obtenir la libération de son ancien chef et a décidé d’envoyer une mission présidée par Beatriz Linzmayer, l’épouse du commandant en chef, Ricardo Izurieta. Cette délégation devrait quitter Santiago après avoir pris connaissance de la décision de M. Straw. Le leader de l’Union démocratique indépendante (UDI), Joaquin Lavin, avait lui opté la semaine dernière pour un voyage à Rome pour remettre une lettre au pape Jean-Paul II. En attendant la décision de M. Straw sur la demande d’extradition présentée par la justice espagnole, la presse chilienne spécule sur un éventuel communiqué de Pinochet. Selon le journal La Tercera, cette déclaration sera publiée après la décision du ministre de l’Intérieur britannique. Il devrait s’agir d’une «sorte de testament politique» et non d’un geste de «repentir», a expliqué mardi le quotidien. Pour sa part, le ministre secrétaire de la présidence, John Biehl, a qualifié toutes ces informations de «rumeurs». Il a cependant précisé qu’il était probable que «le général Pinochet soit en train de préparer différents communiqués» en fonction de la décision de M. Stra
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