La légalisation du demi-million de clandestins vivant en Grèce lancée il y a un an par les socialistes grecs avance à pas de fourmi : seuls 1 134 immigrés sur 380 000 demandes ont obtenu la fameuse «carte verte», leur passeport pour séjourner et travailler dans le pays. Devant la lenteur de la procédure, les services du ministère du Travail ont reporté une nouvelle fois la date limite, à la fin avril, pour le dépôt des papiers nécessaires. Cette date avait déjà été repoussée deux fois. Les difficultés tiennent d’une part à l’attitude d’une administration mal préparée et tatillonne et au manque de moyens engagés, et d’autre part à la condition même des clandestins qui, déjà mal informés, évitent tout contact avec les autorités, ont expliqué les différents responsables concernés. Zoï Sokou, membre du comité exécutif de la puissante Confédération générale du travail de Grèce (GSEE, 600 000 adhérents) a dénoncé «les carences» de l’État et sa «totale impréparation» face à l’ampleur de la tâche. «L’idée de la légalisation était bonne mais dans la pratique, je doute que cela se fasse», a-t-elle affirmé. Les flux d’immigrés en provenance des pays de l’ex-bloc communiste, principalement albanais, ont commencé au début des années 90, provoquant notamment des vagues récurrentes de xénophobie et de racisme anti-albanais, accusés d’accroître l’insécurité. Après une série de rafles et d’expulsions massives, le gouvernement a préparé au début de 1997 un projet de régularisation des clandestins alors au nombre de 550 000 à 600 000, selon les estimations policières. Mme Sokou affirme également que l’Union européenne a exercé des pressions sur Athènes pour mettre de l’ordre au moment où la Grèce s’apprêtait à adhérer à l’espace Schengen. Les immigrés doivent présenter des certificats sur leur identité, leur santé, leur casier judiciaire en Grèce et dans leur pays d’origine, ainsi que la preuve d’au moins 40 jours de travail avec les cotisations sociales correspondantes. L’obtention de ces papiers est «une source de problèmes souvent insolubles pour les clandestins complètement démunis, une source de corruption dans les services publics et une source d’exploitation des immigrés par des mafias», selon Mme Sokou. Les affaires d’abus de pouvoir et de corruption policière à propos de la délivrance de titres de séjour se sont multipliées ces derniers mois, forçant le gouvernement à changer la direction du ministère. Les immigrés sont également peu organisés. Gazi Kaplani, président du «forum des Albanais», tente avec un groupe de défense d’immigrés «d’organiser une société totalement désintégrée de 250 000 à 300 000 immigrés albanais».
La légalisation du demi-million de clandestins vivant en Grèce lancée il y a un an par les socialistes grecs avance à pas de fourmi : seuls 1 134 immigrés sur 380 000 demandes ont obtenu la fameuse «carte verte», leur passeport pour séjourner et travailler dans le pays. Devant la lenteur de la procédure, les services du ministère du Travail ont reporté une nouvelle fois la date limite, à la fin avril, pour le dépôt des papiers nécessaires. Cette date avait déjà été repoussée deux fois. Les difficultés tiennent d’une part à l’attitude d’une administration mal préparée et tatillonne et au manque de moyens engagés, et d’autre part à la condition même des clandestins qui, déjà mal informés, évitent tout contact avec les autorités, ont expliqué les différents responsables concernés. Zoï Sokou,...
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