Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Le prix fort d'un embargo accablant

Les Libyens placent beaucoup d’espoirs dans la visite du secrétaire général de l’Onu Kofi Annan en Libye pour mettre un terme au «cauchemar» de l’embargo international en vigueur depuis 1992 contre le pays. «On n’en peut plus. Le cauchemar a trop duré. C’est vraiment injuste», lance, rageur, Hadj Ali, 70 ans. Drapé dans son «houli», couverture traditionnelle en laine blanche, il raconte qu’il vient chaque matin prêter main forte à son fils dans sa boutique de chaussures, au centre du souk Bab al-Hourriya à Tripoli. «On n’a pas pitié de mon âge», dit-il. «Notre commerce a périclité. Les Libyens, qui dépensaient sans limite auparavant, comptent aujourd’hui leurs sous en raison de la hausse vertigineuse des prix et de l’érosion constante du pouvoir d’achat», explique le fils, Hassan, la trentaine. Les étals installés dans les petites ruelles du souk sont correctement achalandés, mais les clients achètent très peu et négocient ferme les prix des marchandises. Les prix augmentent de 70 à 200 % par an, alors que les salaires stagnent et sont progressivement érodés par la dépréciation de la monnaie locale. Oum Ahmed, âgée d’une cinquantaine d’années, couverte de sa «farrachia» (voile) blanche, vient tous les jours au souk de Jamaa al-Sagaa, à la sortie de Tripoli, pour vendre, assise sur un bout de carton à même le sol, des herbes médicinales, de l’encens et des essences végétales. «J’ai perdu mon mari il y a trois ans alors qu’il se rendait en Tunisie pour soigner une grave insuffisance cardiaque», dit-elle. Elle tient les sanctions pour responsables de la mort de son époux qui, selon elle, «aurait pu normalement se faire opérer dans son pays sans l’embargo. Mais les Américains l’ont voulu autrement». «On manque presque de tout, notamment de vaccins pour les enfants et de médicaments. Même les seringues ne sont plus disponibles et le lait pour nourrissons est presque introuvable», précise Hind, une pharmacienne du quartier al-Achouria, dans la banlieue de Tripoli. Les rangements de l’officine sont à moitié vides. «Dans les hôpitaux, on opère de plus en plus sans anesthésie. Des milliers de Libyens, notamment des personnes âgées, des accidentés graves et des nourrissons, meurent chaque jour faute d’équipements et de soins adéquats», explique Adel Taher, un médecin de l’hôpital central de Tripoli. «Nous souffrons à cause de l’Amérique, mais nous espérons que Kofi Annan nous rendra justice et nous aidera à mettre fin à cette épreuve qui nous a été imposée sans raison valable», déclare une jeune femme, Khalifa.
Les Libyens placent beaucoup d’espoirs dans la visite du secrétaire général de l’Onu Kofi Annan en Libye pour mettre un terme au «cauchemar» de l’embargo international en vigueur depuis 1992 contre le pays. «On n’en peut plus. Le cauchemar a trop duré. C’est vraiment injuste», lance, rageur, Hadj Ali, 70 ans. Drapé dans son «houli», couverture traditionnelle en laine blanche, il raconte qu’il vient chaque matin prêter main forte à son fils dans sa boutique de chaussures, au centre du souk Bab al-Hourriya à Tripoli. «On n’a pas pitié de mon âge», dit-il. «Notre commerce a périclité. Les Libyens, qui dépensaient sans limite auparavant, comptent aujourd’hui leurs sous en raison de la hausse vertigineuse des prix et de l’érosion constante du pouvoir d’achat», explique le fils, Hassan, la trentaine....