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Actualités - Reportage

Optez pour l'authenticité (photos)

La qualité a en principe un prix, souvent élevé. Mais pour satisfaire une demande qui n’a pas toujours les moyens de ses envies, certains optent pour la voie défendue de la copie. La contrefaçon est toujours active au Liban et préoccupe beaucoup de professionnels. L’attrait des belles choses est universel. Mais les moyens financiers ne le sont pas toujours. C’est pourquoi la contrefaçon, le principe de copier et commercialiser des objets de consommation courante ou de luxe, connaît un tel succès populaire et fait des ravages chez les producteurs. La contrefaçon au Liban «La contrefaçon a toujours existé au Liban, explique Hagop Atamian, directeur des Éts Hagop Atamian. Mais elle a connu une recrudescence très vive pendant la guerre, en raison de l’anarchie dans laquelle le pays a vécu en ce temps-là. Il me semble qu’actuellement les choses sont en train de s’arranger, mais on continue de voir des modèles copiés vendus par des boutiques, et pas seulement des revendeurs dans la rue». «Il existe deux genres de contrefaçon, détaille Kamal Azzi, directeur d’Euro Liban. La première présente le même modèle de montre avec un autre nom; la deuxième copie, non seulement le modèle mais prétend aussi arborer le nom de la maison-mère». La contrefaçon est un véritable problème car aucun contrôle n’est effectué. Les Libanais adorent les objets de grande marque, mais ne peuvent pas toujours en payer le prix. Le degré de qualité de la montre compte moins que l’apparence. La production locale de montres étant pratiquement inexistante au Liban, les produits de contrefaçon sont en fait importés d’Extrême Orient. Édmond Avakan, directeur des Éts Avakian, conclut: «La main-d’œuvre libanaise dans le domaine de la bijouterie et de la joaillerie est l’une des plus qualifiées. C’est plutôt cette industrie-là qu’il faudrait développer, et laisser l’horlogerie à la Suisse qui a bâti sa réputation au cours des siècles». Les méfaits de la contrefaçon Il est évident que la vente de produits copiés porte un grave dommage aux sociétés productrices. Leur prestige est remis en question par la médiocrité des produits auxquels leur nom où leurs modèles sont associés. «On reconnaît tout de suite une pièce copiée, constate Hagop Atamian. Dans le domaine des montres, la contrefaçon est rarement de qualité, car les difficultés techniques sont insurmontables pour ces malfaiteurs». Il n’y a pas de manufacture de montres au Liban. Mais la contrefaçon opère au niveau du sertissage. Au lieu d’acheter sur place une montre de grande marque, qui coûtera cher en raison de la qualité du travail et du diamant, on achète une montre simple que l’on fait sertir ailleurs, par un petit artisan. On trouve donc des montres serties à un prix beaucoup plus faible. De plus, la perte financière est à prendre en compte, puisque le coût de la vente d’une montre copiée équivaut à une montre non vendue pour le producteur. C’est à la fois son image et son budget qui sont concernés. Ainsi, Édmond Avakian explique: «L’épidémie de la contrefaçon sévit malheureusement au Liban depuis plusieurs années. C’est la raison principale pour laquelle nous avons diminué l’importation de nos créations dans le pays. Nous préférons être reconnus comme agents de marques de montres prestigieuses». Un état de fait regrettable... Des solutions à mettre en œuvre «Actuellement, le gouvernement ne suit pas assez la question, regrette Hagop Atamian. Il n’existe pas d’association de professionnels pour le motiver non plus. Interpol intervient parfois, directement chez les producteurs de ces montres copiées qui viennent directement de Hong Kong ou de Taiwan, mais il n’existe aucun suivi local au Liban. Une des solutions réside donc dans le client lui-même qui doit prendre conscience qu’il n’a pas intérêt à acheter ces montres, certes moins chères, mais dont la fabrication est de très mauvaise qualité. L’artisanat est plus sophistiqué, plus sûr, En résumé, le client devrait toujours penser aux montres suisses pour des montres de qualité». Kamal Azzi précise: «Il est impossible d’agir contre la contrefaçon ici-même. Nous représentons des maisons-mères qui, elles, peuvent entamer des actions en justice. Ainsi, il nous est déjà arrivé par deux fois de trouver des copies de montres Raymond Weil, que nous avons envoyées à la société productrice. Celle-ci a pu les faire arrêter. De plus, un texte de loi est actuellement en préparation qui nous permettra de nous protéger directement au niveau des douanes. En attendant, le plus sûr est encore d’inciter les clients à n’acheter de montres que lorsque le certificat d’origine est fourni». Les professionnels concluent: «Lorsque l’on surprend un contrevenant la main dans le sac, il nous est possible d’avoir un recours légal, puisque nous sommes représentants exclusifs. Mais cela nous demande d’être sur place au moment où quelqu’un est en train de sertir une pièce originale. C’est difficile, car on ne peut pas compter que sur les représentants. Il faudrait créer des lois, mettre en place une surveillance et punir. En attendant, nous fournissons avec chaque montre un certificat d’authenticité indiquant les spécifications. De plus, un label d’authenticité, très discret, est apposé sur tous les produits de marque».
La qualité a en principe un prix, souvent élevé. Mais pour satisfaire une demande qui n’a pas toujours les moyens de ses envies, certains optent pour la voie défendue de la copie. La contrefaçon est toujours active au Liban et préoccupe beaucoup de professionnels. L’attrait des belles choses est universel. Mais les moyens financiers ne le sont pas toujours. C’est pourquoi la contrefaçon, le principe de copier et commercialiser des objets de consommation courante ou de luxe, connaît un tel succès populaire et fait des ravages chez les producteurs. La contrefaçon au Liban «La contrefaçon a toujours existé au Liban, explique Hagop Atamian, directeur des Éts Hagop Atamian. Mais elle a connu une recrudescence très vive pendant la guerre, en raison de l’anarchie dans laquelle le pays a vécu en ce temps-là. Il me...