La Russie et la Serbie, avec les violences dans la province du Kosovo, constituent les deux principales préoccupations en Europe de l’organisation de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch. «La détérioration dramatique de l’économie russe (...) a conduit le pays au bord du chaos», écrit l’organisation dans son rapport 1999 rendu public jeudi. «Les journalistes dans les régions en Russie ont été victimes de tracasseries, alors que les gouverneurs et les présidents régionaux ont tenté d’étendre leurs contrôles» sur les publications des médias, écrit Human Rights Watch. Selon elle, «des responsables régionaux pourraient être derrière des menaces, des passages à tabac et même des meurtres de nombreux journalistes». Human Rights Watch dénonce également «les violences policières contre les minorités ethniques à Moscou, ainsi que leur approbation tacite par le maire (Iouri) Loujkov, qui ont alimenté une atmosphère d’impunité pour les violences racistes. Cela a contribué sans aucun doute à l’éclosion des attaques de skinheads contre les minorités». «Les recherches de Human Rights Watch en 1998 sur les tortures policières ont montré que la corruption et les abus étaient la règle plutôt que l’exception. Des responsables de la justice criminelle étaient connus pour quémander et accepter des pots-de-vin pour renoncer à des accusations et des enquêtes», écrit le rapport. «Les statistiques d’élucidations de crimes étaient invraisemblablement élevées, dues en partie à la torture», poursuit le document. Human Rights Watch déplore enfin le manque de personnel judiciaire et les conditions de vie prévalant dans les prisons «surpeuplées». À propos de la Yougoslavie, Human Rights Watch accuse le président Slobodan Milosevic d’avoir continué de pratiquer «un mépris patent» des droits de l’homme en 1998. Le rapport s’étend longuement surtout sur les violences au Kosovo, cette province de Serbie déchirée par les combats entre forces serbes et les Albanais indépendantistes. Human Rights Watch souligne que «la majorité des personnes tuées et blessées étaient des civils» et que l’Armée de libération du Kosovo (UCK) a également perpétré des violations des droits de l’homme. Le rapport évoque en particulier des prises d’otages et des exécutions sommaires. Le continent africain En ce qui concerne le continent africain, le rapport de Human Rights Watch insiste sur la menace constituée par des tensions nationales et internationales accrues. Il cite notamment le nouveau conflit secouant la République démocratique du Congo, qui a entraîné avec lui des pays aussi éloignés que le Tchad et le Zimbabwe, de même que d’autres crises menaçant l’Érythrée, la Guinée-Bissau, le Sierra Leone et le Lesotho qui ont fait «reculer la démocratie» et les droits de l’homme. HRW note toutefois que dans certains pays — l’Afrique du Sud, le Botswana, le Mozambique, l’île Maurice, le Mali — «les progrès vers le respect des droits de l’homme et la loi» n’ont pas été ralentis. Beaucoup de gouvernements africains «continuent de considérer la défense des droits de l’homme comme la manifestation d’un manque de loyauté» envers l’État, indique également ce rapport. «Les vieilles règles ne sont plus nécessairement appliquées» en Afrique, relève l’organisation, mais «de nouvelles règles instaurant une base raisonnable pour une stabilité régionale n’ont pas encore été établies». HRW note également que ladite «nouvelle génération» de leaders africains en Ouganda, Rwanda, Éthiopie, Érythrée et RDC «a perdu de son lustre et soulève des questions sur la capacité pour ces hommes forts de contribuer à long terme à une renaissance africaine». Israël et Arafat HRW développe également une critique des relations entre Israël et l’Autorité palestinienne de Yasser Arafat. Cette dernière n’a pas pris les mesures nécessaires pour protéger efficacement les droits de l’homme dans les territoires palestiniens autonomes, estime l’organisation de défense des droits de l’homme. Le rapport critique aussi vivement l’action des forces de l’ordre israéliennes dans les territoires palestiniens encore occupés. Il estime que les États-Unis ont indirectement encouragé l’Autorité palestinienne à se livrer à des exactions en la poussant à réprimer durement le terrorisme. «L’Autorité palestinienne, explique HRW, n’a pas réussi à instaurer d’importants garde-fous contre les exactions commises, dont de nombreux cas de détention arbitraire sans inculpation et sans jugement, et de torture et mauvais traitements pendant les interrogatoires». Le rapport déplore le refus de Yasser Arafat de signer une loi sur les droits fondamentaux votée en octobre 1997 par le Parlement palestinien. Selon HRW, les forces de sécurité palestiniennes «se rendent régulièrement coupables de torture et de corruption» et les droits de la défense sont souvent bafoués dans les procès. L’organisation déplore aussi des limitations à la liberté de la presse. HRW dénonce également le bouclage périodique des territoires palestiniens par Israël, qualifié de «punition collective», et la révocation de permis de résidence d’habitants palestiniens de Jérusalem-Est. HRW considère aussi que le maintien pendant onze ans en isolement carcéral de Mordechai Vanunu, condamné à 18 ans de prison pour avoir révélé à la presse le programme nucléaire israélien, «constitue une forme de torture». Vanunu a été transféré dans une cellule ordinaire en mars. HRW déplore enfin que les États-Unis, principal soutien d’Israël, n’évoque pratiquement jamais les problèmes de droits de l’homme avec l’État hébreu.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Russie et la Serbie, avec les violences dans la province du Kosovo, constituent les deux principales préoccupations en Europe de l’organisation de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch. «La détérioration dramatique de l’économie russe (...) a conduit le pays au bord du chaos», écrit l’organisation dans son rapport 1999 rendu public jeudi. «Les journalistes dans les régions en Russie ont été victimes de tracasseries, alors que les gouverneurs et les présidents régionaux ont tenté d’étendre leurs contrôles» sur les publications des médias, écrit Human Rights Watch. Selon elle, «des responsables régionaux pourraient être derrière des menaces, des passages à tabac et même des meurtres de nombreux journalistes». Human Rights Watch dénonce également «les violences policières contre les...