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Actualités - Biographies

Mario Dumont, la révélation

Des bouts de ficelle retiennent tant bien que mal l’affiche électorale sur les flancs d’une vieille camionnette piquée de rouille par les hivers québécois. Le slogan semble sorti d’une réclame de marchands de tapis: «Dumont, du vrai», peut-on lire sous le portrait géant de Mario Dumont, le jeune prodige politique âgé de vingt-huit ans. Parti de nulle part avec moins de 5% des intentions de vote au début de la campagne électorale, ce fils de fermier vole la vedette d’un combat politique suivi passionnément par les 7,3 millions d’habitants de la province francophone. Avec des finances à peine suffisantes pour se faire élire à la mairie de Montréal, le chef de l’Action démocratique du Québec (ADQ) joue à merveille la carte du jeune impertinent. La stratégie est si efficace que les sondages le créditent de 14% des suffrages à moins de trois jours du scrutin. «Nous n’avons pas fait de publicités à la télévision ou à la radio, nous avons tout misé sur l’affichage», explique Mario Dumont, vêtu d’un complet trois pièces en feutre sombre, témoin du conservatisme dont il est empreint malgré son jeune âge. La voix des électeurs désabusés Cette remontée dans l’opinion publique, il la doit surtout aux électeurs désabusés du Parti libéral. Mais Mario Dumont, économiste de formation, né à Cacouna, un hameau de 600 âmes accroché à la côte gaspésienne du fleuve Saint-Laurent, ne pleurera pas sur le sort de Charest. En 1992, il claque la porte du Parti libéral, frustré de voir l’establishment du parti abandonner une série de revendications qui auraient accru les pouvoirs du Québec au sein de la fédération canadienne. Trop indépendantiste pour le Parti libéral mais trop à droite pour le Parti québécois, il fonde alors l’Action démocratique du Québec qui obtient un député aux élections provinciales de 1994: lui-même. Dès lors, Dumont commence à peaufiner son marketing politique. Coincé entre deux grands partis politiques aux racines profondes, il cible les désabusés de la politique et les négligés du marché du travail, les 20-35 ans au statut professionnel précaire. Tout au long de la campagne, et encore plus lors du débat télévisé, moment fort de la tournée électorale, il enfonce un seul et même clou: libéraux ou «péquistes», c’est du pareil au même, seule la couleur de l’affiche change. N’ayant aucune chance de gouverner, Dumont a beau jeu de dénoncer les milliards de dollars promis par les deux partis politiques alors que les électeurs sortent éprouvés de quatre années de coupes sombres dans les budget de l’État.
Des bouts de ficelle retiennent tant bien que mal l’affiche électorale sur les flancs d’une vieille camionnette piquée de rouille par les hivers québécois. Le slogan semble sorti d’une réclame de marchands de tapis: «Dumont, du vrai», peut-on lire sous le portrait géant de Mario Dumont, le jeune prodige politique âgé de vingt-huit ans. Parti de nulle part avec moins de 5% des intentions de vote au début de la campagne électorale, ce fils de fermier vole la vedette d’un combat politique suivi passionnément par les 7,3 millions d’habitants de la province francophone. Avec des finances à peine suffisantes pour se faire élire à la mairie de Montréal, le chef de l’Action démocratique du Québec (ADQ) joue à merveille la carte du jeune impertinent. La stratégie est si efficace que les sondages le créditent de...