Marseille tenu en échec au stade Vélodrome par le Paris SG (0-0) dimanche soir, Bordeaux, vainqueur de Lens (1-0), a repris la tête du Championnat de France de première division de football à l’issue de la 16e journée. Les Marseillais, qui connaissaient le résultat des Girondins en entrant sur la pelouse, ont largement dominé. La malchance (tirs de Gallas sur la transversale, de Maurice sur le poteau), mais aussi une certaine maladresse dans la conclusion, les ont empêchés de vaincre une équipe parisienne très défensive dans sa configuration, mais bien organisée et qui pointe désormais à la sixième place. Si bien que l’OM, même toujours invaincu, a cédé son fauteuil de leader aux Bordelais nantis d’un point d’avance. Les joueurs d’Elie Baup ont amplement mérité leur succès face à une équipe lensoise encore fatiguée après son exploit, mercredi à Wembley en Ligue des champions. Ils auraient dû l’emporter plus largement, mais, péchant dans la finition, se sont contentés du but marqué par Micoud sur une superbe ouverture de Benarbia (59e). Loin derrière le duo de tête, le Stade Rennais a conservé sa troisième place en dépit de sa défaite à domicile — la première depuis le début de la saison — face au FC Nantes (2-3). Les Bretons peuvent nourrir quelques regrets puisqu’ils menaient 2 à 1 à sept minutes de la fin. Mais Suffo (83e) puis Le Roux, d’un splendide coup franc dans la lucarne (90e), ont en décidé autrement. Paul Le Guen a parlé d’un «manque de réussite», alors que Raynald Denoueix a dédié le succès des siens au président démissionnaire Jean-René Toumelin. Les «Canaris», qui n’avaient plus gagné depuis le 3 octobre, effectuent un bond au classement (de la 11e à la 8e place). Outre Nantes, Nancy s’est imposé en déplacement. Les Lorrains, très à l’aise à l’extérieur, l’ont emporté au Moustoir (1-0) aux dépens de Lorientais qui n’ont pu confirmer leur succès acquis la semaine dernière sur leur pelouse face à Toulouse. Les «Merlus» récupèrent la lanterne rouge, les Toulousains, pourtant tenus en échec au Stadium par Sochaux (1-1), les précédant désormais d’une longueur. A noter que Malm a manqué la transformation d’un penalty à la 88e minute pour le «Téfécé». Victorieux d’Auxerre (2-1), toujours à la recherche d’une première victoire à l’extérieur, les Havrais sont sortis de la zone de relégation. Mamouni (51e) et Becanovic (52e) ont fait la différence en une minute, après que Deniaud eut ouvert le score (19e). L’entraîneur havrais Joël Beaujouan, confirmé à son poste jusqu’à la fin de la saison par le président Jean-Pierre Hureau, refuse de s’emballer et estime «la route encore longue» pour se sortir d’affaire. A l’issue de cette 16e journée, le «trou» s’est creusé entre les quatre derniers (Lorient, Toulouse, Sochaux et Le Havre) et le reste du peloton, le quatorzième, Metz, victorieux de Montpellier 3 à 1 (dont un doublé de Lukic), comptant trois points d’avance sur le Havre, quinzième. Lyon a décidément du mal à «digérer» ses sorties européennes. Après leur courte victoire (1-0) mardi face au FC Bruges en 8e de finale aller de la Coupe de l’UEFA, les «Gones» ont explosé à Bastia (4-1 avec un doublé d’André). Quant à Monaco, également engagé sur le front européen cette semaine (contre l’OM), il s’en est mieux sorti en obtenant le nul à Strasbourg (1-1), ce qui lui a permis de chiper la quatrième place aux Lyonnais. Marseille piétine Marseille a perdu le commandement du championnat de France de football au profit de Bordeaux en concédant un match nul et vierge face au PSG dimanche soir au Stade Vélodrome. Pour la première fois depuis 1993, des spectateurs parisiens — au nombre de 800 — dûment accrédités par leur club avaient été autorisés à prendre place dans la bouillante enceinte du Vélodrome. Une centaine d’autres, sans billets ceux-là, avaient été interpellés à leur arrivée à la gare Saint-Charles. L’équipe de la capitale, qui n’a jamais gagné au Vélodrome depuis mai 1988 (2-1), avait aligné un visage très défensif au milieu du terrain pour empêcher l’OM de développer son redoutable jeu offensif. Le pari a été payant d’autant plus que la chance n’a pas souri aux attaquants marseillais, malgré de nombreuses occasions, dont un tir sur la transversale et un tir sur le poteau. Devant un stade à guichets fermés plus remonté que jamais, malgré la pluie avant le coup d’envoi, les deux équipes poussaient d’entrée de jeu, chacune se livrant à un pressing très haut. Le gardien de l’OM Stéphane Porato était mis à contribution dès la 4e minute sur un centre de Marco Simone, alors qu’Adailton attendait le ballon esseulé. Une rude bataille s’ensuivait au milieu du terrain, où les Parisiens, sur la défensive avec leurs quatre récupérateurs, commettaient le plus de fautes. L’OM, patient, s’approchait doucement des cages de Bernard Lama, Christophe Dugarry notamment, à la 20e minute, dont le centre en retrait était repoussé par la compacte défense du PSG. Mais la première véritable occasion du match survenait cinq minutes plus tard, au bénéfice du club phocéen. Sur un coup-franc, Laurent Blanc remettait de la tête dans l’axe sur Cyril Domoraud, dont la reprise acrobatique échouait devant la ligne de but parisienne après avoir heurté la transversale. Juste avant la demi-heure, Francis Llacer se jetait comme un lion sur une balle de Marco Simone mais Porato avait anticipé. Le jeu se durcissait, comme à l’accoutumée dans le choc traditionnel de la saison. Le PSG tentait bien quelques contres mais c’est encore Marseille qui frôlait l’ouverture du score à la 42e minute, d’une reprise de Florian Maurice qui heurtait le poteau gauche de Lama. La machine marseillaise s’emballait, Robert Pires signait, sur un mauvais renvoi de Jimmy Algerino, une frappe puissante en demi-volée qui échouait dans les bras de Lama. Juste après, Titi Camara s’envolait vers le but parisien. Jorge nerveux Jugeant l’attaquant hors-jeu, Artur Jorge laissait éclater sa nervosité auprès du juge de touche, ce qui déclenchait la colère des joueurs, pourtant corrects depuis le coup d’envoi. L’arbitre convoquait les deux capitaines et sifflait le renvoi aux vestiaires pour calmer tous les esprits. A la reprise, les Parisiens manquaient de surprendre les Marseillais. Laurent Blanc passait en arrière trop mollement à Porato, qui devait sortir en urgence devant Adailton. Après quelques banderilles plantées par Pires, le PSG s’offrait sa première occasion à la 53e, par Marco Simone, dont la reprise instantanée passait à gauche des buts de Porato. Rolland Courbis choisissait ce moment pour faire entrer un quatrième attaquant, Fabrizio Ravanelli, à la place de Patrick Blondeau. A la 58e, après un débordement sur l’aile gauche, Camara centrait parfaitement sur Florian Maurice mais l’ancien Parisien manquait complètement sa reprise. A la 67e, un tir en coin de Camara manquait de surprendre Bernard Lama. C’est pourtant le jeu parisien qui s’étoffait, avec de belles actions collectives déclenchées par Marco Simone, sans toutefois menacer Porato. A un quart d’heure de la fin, chaque club tentait de porter le coup fatidique, même si la fatigue se lisait sur les visages marseillais, en particulier sur celui de Ravanelli. Le renard argenté, d’une reprise dans l’axe, tirait tout près du poteau gauche de Lama à la 85e minute. Juste après, Robert Pires partait tout seul au but, piquait son ballon au-dessus du gardien parisien mais Christian Wörns sauvait in extremis sur sa ligne malgré le renfort de Ravanelli. La chance ne souriait décidément pas à l’OM. Bordeaux s’impose face à Lens 1-0 Les Girondins de Bordeaux ont difficilement mais logiquement battu Lens dimanche soir 1-0 en match en retard de la 16e journée du championnat de France. Les hommes d’Elie Baup creusent l’écart avec le troisième du classement, Rennes, relégué à onze points. Ce match au goût d’Europe entre les héros de Wembley, vainqueurs mercredi d’Arsenal en Ligue des Champions, et les Girondins, deuxièmes du classement, auteurs d’un bon match nul en coupe de l’UEFA à Zurich, a tenu toutes ses promesses. Plus vite en jambes, les Lensois qui avaient laissé sur le banc Tony Vairelles et Vladimir Smicer, se créaient les premières occasions sur une reprise de Michael Debève et une frappe de Pascal Nouma qui ne trouvaient pas le cadre. Mais dans un début de rencontre équilibré, les Bordelais allaient à leur tour mettre Guillaume Warmuz sous la pression sur une tête d’Ali Benarbia de retour de suspension, bien capté par le portier nordiste, et sur une reprise à ras de terre de Johan Micoud sur un corner tiré par François Grenet qui s’écrasait sur le petit filet. Le ton était donné et la suite du match n’allait pas démentir ce premier quart d’heure même si les occasions se faisaient plus rares, Micoud tirant cependant de peu à côté des trente mètres avant que Wagneau Eloi n’inquiète à son tour Ulrich Ramé sur un centre-tir puissant. Les Bordelais qui avaient des difficultés pour s’approcher des buts lensois allaient se créer les plus belles occasions de la première mi-temps peu avant la pause. Sylvain Wiltord servi par Lilian Laslandes sur un contre rondement mené voyait sa reprise instantanée parfaitement captée par Warmuz. Les Bordelais repartaient à l’abordage et trouvaient enfin la faille à l’heure de jeu par Micoud, servi parfaitement par Benarbia, qui lobait sans contrôle Warmuz comme il l’avait déjà fait à Monaco et à Zurich lors des deux derniers matchs. Daniel Leclercq décidait alors de faire rentrer Vairelles et Smicer mais ce sont encore les Bordelais qui se créaient une occasion en or sur un travail de Lassina Diabaté qui dribblait Warmuz et servait Laslandes seul au point de penalty mais l’attaquant frappait au-dessus. Le talent de Warmuz était encore mis à contribution lorsque le gardien nordiste s’interposait sur deux tirs consécutifs à bout portant de Micoud et Wiltord. Mais à dix minutes de la fin, Nisa Saveljic était expulsé pour un tacle par derrière sur Pascal Nouma qui partait seul au but. Sur le coup-franc, Ramé repoussait des deux poings le ballon de Frédéric Dehu. Les Lensois jouaient leur va-tout et étaient à deux doigts d’être récompensés en toute fin de match sur un tir de Daniel Moreira qui s’écrasait sur le poteau de Ramé.
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