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Actualités - Reportage

L'intervention chirurgicale d'Oum Raymond

Oum Raymond, qui vivait dans une grande maison à Ras el-Nabeh, habite depuis 1983 une petite chambre de la rue de l’Université Saint-Joseph. Le local est dépourvu de cuisine et de salle de bains, qu’elle doit partager avec Alice, une autre personne du troisième âge, qui est également la propriétaire des lieux. La chambre d’Oum Raymond sent la pomme de pin. Un vieux tapis cache le sol dépourvu de carrelage. Pour tout meuble, un lit, quelques canapés, une table et un petit réfrigérateur, offert récemment. Les murs sont recouverts d’images de plusieurs saints. Oum Raymond passe des heures devant sa fenêtre qui donne sur la rue Monot et celle de l’Université Saint-Joseph. «J’ai été blessée, deux ans après la mort de Raymond» (son fils unique tué au cours des évènements), dit-elle. Blessure qui lui vaudra la pose d’une prothèse à la hanche. C’est à l’issue de cette opération qu’elle s’installe à Achrafieh. Oum Raymond vient de sortir de l’hôpital où elle a subi une intervention pour la pose d’une nouvelle prothèse. Elle évoque son séjour dans l’établissement, «où les jeunes de l’association et quelques pères jésuites m’ont rendu visite» dit-elle. «Les autres patients étaient tous jaloux. Vous comprenez : j’ai reçu tellement d’amis et de boîtes de chocolat...», ajoute-t-elle. «Joe (membre de Rifaq al-Darb) m’a fait don de deux litres de sang», indique-t-elle en souriant. Joe rectifie : «Une unité seulement, Oum Raymond». Durant la journée, elle reçoit des étudiants de l’USJ, des voisins qui viennent l’aider à faire le ménage et «Christian (douze ans), le fils d’une habitante du quartier». Que lui dit-elle ? «Je lui donne les conseils que je donnais à Raymond quand il avait son âge : n’adresse pas la parole à des étrangers, prends soin de tes études pour que tu sois l’exemple à suivre», indique-t-elle. Ce sont les membres de Rifaq al-Darb qui ont effectué les démarches auprès du ministère de la Santé afin de rendre possible le séjour d’Oum Raymond à l’hôpital. Ils ont également couvert quelques frais. «Nous avons fait la tournée de nos amis et de nos connaissances», souligne Frida. Oum Raymond, qui devra rester six mois à la maison, ne pourra pas prendre part au déjeuner de gala offert par Rifaq al Darb. Qu’importe, le Père Noël de l’association passera chez elle pour lui porter un petit festin et lui remettre un cadeau.
Oum Raymond, qui vivait dans une grande maison à Ras el-Nabeh, habite depuis 1983 une petite chambre de la rue de l’Université Saint-Joseph. Le local est dépourvu de cuisine et de salle de bains, qu’elle doit partager avec Alice, une autre personne du troisième âge, qui est également la propriétaire des lieux. La chambre d’Oum Raymond sent la pomme de pin. Un vieux tapis cache le sol dépourvu de carrelage. Pour tout meuble, un lit, quelques canapés, une table et un petit réfrigérateur, offert récemment. Les murs sont recouverts d’images de plusieurs saints. Oum Raymond passe des heures devant sa fenêtre qui donne sur la rue Monot et celle de l’Université Saint-Joseph. «J’ai été blessée, deux ans après la mort de Raymond» (son fils unique tué au cours des évènements), dit-elle. Blessure qui lui vaudra...