Ils sont vingt-cinq, tous bénévoles et jeunes. Ils s’occupent de cinquante personnes âgées, démunies, solitaires. Rifaq al-Darb (Compagnons de la route) est une association qui a vu le jour en 1994, quand quelques jeunes résidant dans le secteur des Jésuites (Yassouhié) ou suivant des études à l’Université Saint-Joseph (USJ) ont noté dans le quartier la présence de personnes du troisième âge qui vivent dans le besoin. Actuellement, l’association prépare pour le gala de Noël un repas qui regroupera 300 personnes du troisième âge. Comme chaque année, le déjeuner de gala donné à l’occasion des fêtes de fin d’année au Collège Notre-Dame de Jamhour comprendra des animations, des cotillons et la visite du Père Noël, qui distribuera des cadeaux à toutes les personnes du troisième âge présentes. Elles seront 300, une cinquantaine appartenant à l’association, les autres venant de divers asiles. Rifaq al-Darb assurera le transport, les étudiants en Arts scéniques (Iesav) de l’USJ présenteront des sketches, la chorale du Mouvement eucharistique de la jeunesse (MEJ) chantera des cantiques de Noël et les élèves des classes terminales de Jamhour serviront le repas. Afin de financer ce déjeuner, l’association imprime des cartes «pour que Noël n’oublie personne», vendues à 15 000 livres l’une. Actuellement tous les membres de Rifaq al-Darb tentent de trouver des acheteurs-donateurs qui assureront les fonds permettant de financer le déjeuner de Noël et les autres activités de l’association. En effet, ces jeunes bénévoles s’occupent toute l’année des têtes blanches du quartier : visites à domicile tous les quinze jours, dîner et messe toutes les six semaines, pèlerinage tous les six mois. Ils sont toujours présents, à l’écoute des personnes âgées, seules et démunies. Si une tête blanche veut être admise à l’hôpital, ce sont les jeunes qui effectuent les démarches nécessaires auprès du ministère de la Santé. Si elle fait face à des problèmes avec le propriétaire de l’appartement qu’elle occupe, ce sont les jeunes qui font appel à un avocat… Ils assurent les médicaments et les visites médicales gratuites. Frida, membre fondateur, souligne : «Notre association fonctionne grâce au bouche à oreille». Rima, membre du groupe, qui travaille à la faculté de médecine de l’USJ, fait appel à des médecins qui offrent gratuitement leurs services. Rifaq al-Darb offre des services (remplacer une vitre cassée, un robinet qui coule…) et jamais, ou très rarement, de l’argent. Elle assure un soutien moral. «Les membres de l’association sont joignables tous les jours. Les personnes âgées nous contactent ou se rendent chez le père Victor Assouad, aumônier à la résidence des Jésuites», dit Joe, qui se souvient qu’une fois, «un homme âgé dont je m’occupe a fait le trajet Achrafieh-Jamhour en bus pour me voir». «Il avait mis ses plus beaux vêtements», souligne-t-il. Les Compagnons de la route ont beaucoup de souvenirs avec les personnes du troisième âge. Par exemple, celui de cette femme, démunie et n’ayant personne au monde, qui offre un bijou en or à l’un des membres de l’association qui s’occupe d’elle. L’épouse de ce dernier venait de mettre au monde une fille. Dons de particuliers Tous les quinze jours, l’association se réunit dans un local mis à sa disposition par les pères jésuites, dans l’ancien bâtiment de l’Université Saint-Joseph. Les jeunes évoquent à cette occasion les personnes âgées dont ils s’occupent (chaque volontaire prend soin régulièrement de deux d’entre elles). Ils planifient le travail des jours à venir, notamment les dîners et les messes célébrées toutes les six semaines. Ils font des comptes-rendus de chaque réunion et de chaque dîner. Si une tête blanche s’absente d’une rencontre mensuelle, un membre de l’association lui rend visite le soir même ou le lendemain pour demander de ses nouvelles. Comment ces repas mensuels sont-ils financés ? «C’est le traiteur Prima House qui offre les repas mensuels au prix de revient (150 dollars) et c’est le père Victor qui célèbre la messe en l’église Saint-Joseph», note Frida qui relève que «ces derniers temps, on constate la présence de nombreuses personnes relativement jeunes (une cinquantaine d’années), qui participent au dîner et prennent des portions pour leurs enfants». C’est avec les cartes «pour que Noël n’oublie personne», vendues au cours de la période des fêtes, que l’association parvient à financer ces dîners mensuels et deux pèlerinages par an. «Parfois, d’autres associations nous aident ; les dépenses pour le pèlerinage de Harissa en avril dernier, par exemple, ont été assurées par le Rotary Club», indique Frida. En évoquant toutes les aides qu’ils ont reçues, les membres de Rifaq al-Darb n’oublient personne: l’imprimerie Naccache qui offre ses services pour la réalisation des cartes de Noël, l’entreprise d’extincteurs Java qui assure les cadeaux de Noël de toutes les têtes blanches présentes au déjeuner de gala, la chaîne américaine Dunkin Donuts qui donne des gâteaux pour ce même déjeuner. Et tous les bénévoles étrangers à l’association qui offrent leur aide : plombiers, médecins, étudiants… Depuis trois ans, Rifaq al-Darb attend en vain l’autorisation officielle du ministère de l’Intérieur. «A chaque fois, un fonctionnaire fait état d’un document manquant... Alors, nous reprenons les mêmes démarches, quelque temps plus tard», note Joe qui ajoute : «Pratiquement, nous sommes fonctionnels depuis 1994 mais aux yeux de l’État libanais, l’association n’existe pas». La situation est assez bizarre quand on sait que ces jeunes, tous bénévoles, ont décidé depuis quatre ans de meubler la solitude et d’alléger les peines des personnes âgées, démunies et seules de leur quartier. La reconnaissance des personnes du troisième âge leur suffit peut-être. L’association a pourtant besoin d’un coup de pouce pour poursuivre son travail auprès de ces personnes. Vous pouvez les aider en achetant, pour 15 000 livres, une carte «pour que Noël n’oublie personne». Vous donnerez ainsi, le temps d’un déjeuner de gala, un peu de bonheur à une personne qui a tout perdu et qui n’a plus le temps et la force de refaire sa vie.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Ils sont vingt-cinq, tous bénévoles et jeunes. Ils s’occupent de cinquante personnes âgées, démunies, solitaires. Rifaq al-Darb (Compagnons de la route) est une association qui a vu le jour en 1994, quand quelques jeunes résidant dans le secteur des Jésuites (Yassouhié) ou suivant des études à l’Université Saint-Joseph (USJ) ont noté dans le quartier la présence de personnes du troisième âge qui vivent dans le besoin. Actuellement, l’association prépare pour le gala de Noël un repas qui regroupera 300 personnes du troisième âge. Comme chaque année, le déjeuner de gala donné à l’occasion des fêtes de fin d’année au Collège Notre-Dame de Jamhour comprendra des animations, des cotillons et la visite du Père Noël, qui distribuera des cadeaux à toutes les personnes du troisième âge présentes. Elles...