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Actualités - Chronologie

Made in Lebanon

Au Liban, il n’y a pas d’industrie du jouet proprement dite mais des petits malins qui, sur base de 5 ou 6 moules, font exécuter par des fabricants de plastique véhicules et cubes emboîtables tout à fait séduisants. Les commerçants, c’est bien connu, lâchent difficilement des noms de fournisseurs, surtout quand les quantités disponibles sont limitées. A transparu cependant, au cours de notre enquête, un mystérieux Myassar Rabih, carrossier de plastoche et trafiquant de rêves à Haret-Hreik. Plus connue dans les milieux spécialisés, Pony Toys, société de 16 actionnaires, possède une petite fabrique à Ghobeiry. Fondée en 1988, à une époque où le marché local accusait un manque en articles de loisirs, cette petite entreprise a démarré sur les chapeaux de roues. Elle produit notamment des jeux de société en carton dont les principes sont universels ou tombés dans le domaine public. L’Electro, jeu de questions déjà démodé, se vendait alors à raison de 500 exemplaires. En le rebaptisant Electron et en l’adaptant au monde arabe, Pony Toys en a écoulé 10 000 à ses débuts. On connaissait les responsables mais pas coupables. Hussein el-Husseini (un autre !), le directeur, se déclare imitateur mais pas copieur ! Voici donc, imités et redessinés, les Monopoly, Cluedo, jeu du serpent, de l’oie, échecs, dames, Go, jeux de lettres et de chiffres dès la maternelle, puzzles, Electros, et même une version du Scrabble baptisée Scramblett. Tous les jeux sont réalisés en trois langues et le Scramblett arabe est même accompagné d’un petit dictionnaire du Scramblett réalisé en exclusivité par l’équipe pédagogique (trois des associés) de Pony Toys. Des illustrateurs libanais, Ali Chamseddine, Aziza Ashmar et Suzanne Khaïrallah, réalisent les dessins, créent les personnages et participent aux brain stormings. Le prix moyen d’un jeu Pony Toys revient sur le marché à une dizaine de dollars. Quinze ouvrières produisent, à raison de 48h de travail hebdomadaire, 1 500 boîtes par jour. Mais ces emplois sont saisonniers, et le travail effectif se fait de juin à septembre. Le reste du temps, on se borne à parer aux commandes ponctuelles telles que le Soccerball produit par Promega et distribué par Playtime. «Au départ, nous étions une trentaine d’actionnaires, tous parents et amis. Chacun y est allé de sa mise, selon ses moyens, entre 500 et 10 000$. Cela nous a permis de racheter, en Italie, des machines obsolètes, vendues à la casse, que nous avons rafistolées et parfois reproduites sur place». En effet, à voir ces dinosaures séparer les couleurs, passer la colle et couper le carton, on s’étonne de la qualité tout à fait honnête du produit. Que serait-ce en hi-tech ? Mais l’ambition de Husseini s’arrête là : «Nous avons tenté toute sorte d’expériences. Nous avons même imprimé des tables de jeux imitant la marqueterie orientale qui n’ont eu aucun succès, les jeunes préférant nettement les emballages américains. Actuellement, avec le tassement du marché, nous nous orientons vers la papeterie : cahiers, classeurs, cartes de vÏux. Avec Leonardo Di Caprio en couverture et des déclarations d’amour en tout genre pour légendes, ça marche du feu de D.. Le marché du Golfe, porteur il y a quatre ou cinq ans, s’est mis tout à coup à bouder nos produits, sans doute en faveur de l’électronique. À moins d’avoir un produit puissant capable de couvrir toute la région, il n’est pas intéressant d’investir davantage. Que ferions-nous des surplus ? Le ministère de l’Industrie nous ignore. Il ne propose aucun débouché, aucun plan directeur. Nous naviguons à vue».
Au Liban, il n’y a pas d’industrie du jouet proprement dite mais des petits malins qui, sur base de 5 ou 6 moules, font exécuter par des fabricants de plastique véhicules et cubes emboîtables tout à fait séduisants. Les commerçants, c’est bien connu, lâchent difficilement des noms de fournisseurs, surtout quand les quantités disponibles sont limitées. A transparu cependant, au cours de notre enquête, un mystérieux Myassar Rabih, carrossier de plastoche et trafiquant de rêves à Haret-Hreik. Plus connue dans les milieux spécialisés, Pony Toys, société de 16 actionnaires, possède une petite fabrique à Ghobeiry. Fondée en 1988, à une époque où le marché local accusait un manque en articles de loisirs, cette petite entreprise a démarré sur les chapeaux de roues. Elle produit notamment des jeux de société en...