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Actualités - Chronologie

L'hommage d'Alexandrian

À Beyrouth spécialement pour assister à cette soirée, l’écrivain Sarane Alexandrian a été membre du mouvement surréaliste d’après-guerre. Critique littéraire, il a notamment écrit «André Breton par lui-même», «Le surréalisme et le rêve», «L’art surréaliste»… Il a souligné qu’il était «scandaleux qu’un poète de cette envergure et de cette importance n’ait pas été plus tôt en France l’objet d’hommage». Il a poursuivi en soulignant que n’ayant accès qu’à la version traduite en français, les finesses de l’écriture du grand poète lui échappent inévitablement. Il a cependant livré ses impressions à la lecture d’«Éternité volante». «J’ai senti passer sur moi le souffle de la grande poésie novatrice, et j’ai eu l’impression que l’essentiel du message d’Ounsi el-Hajje m’était transmis. Comment se fait-il? Il y a deux raisons. D’abord, la traduction française de ce livre est d’une qualité excellente. Je tiens à féliciter les traducteurs et les traductrices de leur travail, si remarquable, qu’on a souvent l’illusion de lire des poèmes écrits directement en français, tant les métaphores sont justes et les rythmes naturels. Cette réussite vient, à mon sens, du fait qu’il y a eu plusieurs traducteurs, et que chacun a choisi de traduire les poèmes avec lesquels il se sentait le plus d’affinités, ce qui l’a amené à se donner à fond dans sa traduction. L’autre raison de l’effet produit sur moi par “Éternité volante” est la force de la pensée poétique d’Ounsi el-Hajje. La poésie n’est pas seulement un jeu subtil avec les mots, c’est l’expression d’une pensée poétique. Or la pensée poétique s’impose à travers toutes les traductions comme une belle femme reste une belle femme quels que soient les vêtements qu’elle porte. Même sous des déguisements déconcertants sa beauté se laisse pressentir. Donc, si je suis incompétent pour juger du langage poétique en arabe d’Ounsi el-Hajje, je peux au moins définir ce que m’apporte sa pensée poétique, cette puissance intérieure qui demeure intacte même quand on la transcrit dans toutes les langues du monde». Il a poursuivi : «Je précise que je prendrai le mot “surréaliste” non dans son sens historique, puisque le surréalisme est révolu en tant que mouvement intellectuel, mais dans son sens qualitatif. “Romantique” et “surréaliste” sont devenus les deux mots-clés de l’histoire de la poésie, comme si un poète authentique ne pouvait suivre que l’une ou l’autre de ces directions, le romantisme revendiquant la frénésie des passions, le surréalisme l’alliance indéfectible du rêve et de la réalité. Effectivement, en parcourant Éternité volante, j’ai été exalté de voir Ounsi el-Hjje traiter d’une manière totalement personnelle les valeurs célébrées par des poètes tels que André Breton, Paul Élnard, Antonin Artaud, René Char, Jaques Prévert.. sans imiter aucun d’eux». Sarane Alexandrian a conclu, soulignant que «parce qu’il délivre le langage des entraves de la rhétorique et du dogmatisme rationnel, et parce qu’il exalte la fonction métaphysique de la femme, Ounsi el Hage m’apparaît comme un libérateur de la poésie et un libérateur de l’amour. Je témoigne, par ma présence ici, de l’admiration que j’ai pour son activité poétique et de l’attrait fraternel que j’ai pour sa personne».
À Beyrouth spécialement pour assister à cette soirée, l’écrivain Sarane Alexandrian a été membre du mouvement surréaliste d’après-guerre. Critique littéraire, il a notamment écrit «André Breton par lui-même», «Le surréalisme et le rêve», «L’art surréaliste»… Il a souligné qu’il était «scandaleux qu’un poète de cette envergure et de cette importance n’ait pas été plus tôt en France l’objet d’hommage». Il a poursuivi en soulignant que n’ayant accès qu’à la version traduite en français, les finesses de l’écriture du grand poète lui échappent inévitablement. Il a cependant livré ses impressions à la lecture d’«Éternité volante». «J’ai senti passer sur moi le souffle de la grande poésie novatrice, et j’ai eu l’impression que l’essentiel du message d’Ounsi...