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Actualités - Chronologie

Six voix en prologue et en prose

En prologue à la soirée poétique, six hommages de spécialistes ont été rendus au grand poète. Dans son mot d’introduction, le professeur Ahiaf Sinno, directeur de l’Institut des lettres orientales (ILO), a souligné que cet organisme est par essence lié à la littérature arabe qu’il enseigne. Classique certes mais aussi-depuis les années soixante-dix, moderne. Il est donc normal que l’Institut organise une telle rencontre autour d’Ounsi el-Hajje. Le professeur Sinno a rappelé que le poète se veut aussi catalyseur de pensée. Il a ainsi traduit Antonin Artaud, André Breton et nombre de pièces de théâtre. Ses propres œuvres ont été transcrites et analysées en français, a indiqué M. Sinno. – Ensuite, le père Louis Pouzet de l’Institut des lettres orientales a lu des variations sur un poème d’Ounsi el-Hajje, «Yâ chafir hâwiyati», bord de mon abîme. «Qu’est-il, qui est-il ce bord, ce ‘châfir’ ? se demande le père Pouzet. «C’est toi. ‘anti’, mon amour, mais c’est toi également ma patrie blessée, Liban. C’est eux qui rendent possible cette marche sur ce fil (…) Tout arrêt peut me précipiter dans le gouffre et mon seul recours pour me maintenir sur son bord (…) c’est vous deux : ‘anti wa loubnân’. Et s’il est permis de s’installer quelque part, ce ne peut être ‘qu’entre les pires’. Et il cite deux vers d’«Éternité volante, ‘Se taire est pire que parler et parler est pire que se taire. Mais viens, installons-nous entre les pires, là-bas à l’horizon du regard (et) sous les étoiles du désir’ (p. 120)». – Le professeur Henri Oueyss, de l’Institut des lettres et de la traduction, a rendu un hommage appuyé à Ounsi el Hajje le traducteur inspiré, citant Roland Barthes et son « Degré zéro de l’écriture» ainsi que les considérations de Françoise Wilmar sur « le traducteur littéraire» qui est un « passeur esthétique de culture»… – Mme Zahida Darwiche Jabbour, de l’Université libanaise a également abordé pour commencer l’angle de la traduction, pour poser l’éternelle question : la poésie est-elle traduisible ? Elle a ensuite mis l’accent sur le mouvement libérateur d’être de la poésie d’Ounsi el-Hajje. – M. Henri Awitt ( ILO) a d’entrée de jeu répercuté le cri fondateur d’Ounsi el-Hajje «redonnez-moi dans toutes les langues…» Pour lui, cela révèle que le poète est conscient de la barrière que la langue pose à l’expression de ce qu’il souhaite transmettre. Il cite, pour illustrer la lucidité du poète confronté aux limites du mot, ces quatre vers d’Ounsi el-Hajje : «aide-moi pour qu’il soit en tous les poètes car le dépôt de confiance déborde des paumes que voici».
En prologue à la soirée poétique, six hommages de spécialistes ont été rendus au grand poète. Dans son mot d’introduction, le professeur Ahiaf Sinno, directeur de l’Institut des lettres orientales (ILO), a souligné que cet organisme est par essence lié à la littérature arabe qu’il enseigne. Classique certes mais aussi-depuis les années soixante-dix, moderne. Il est donc normal que l’Institut organise une telle rencontre autour d’Ounsi el-Hajje. Le professeur Sinno a rappelé que le poète se veut aussi catalyseur de pensée. Il a ainsi traduit Antonin Artaud, André Breton et nombre de pièces de théâtre. Ses propres œuvres ont été transcrites et analysées en français, a indiqué M. Sinno. – Ensuite, le père Louis Pouzet de l’Institut des lettres orientales a lu des variations sur un poème d’Ounsi...