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Actualités - Reportage

Amérique du sud : hibernation

L’Amérique du Sud, affectée par El Nino et atteinte à son tour par les crises asiatique et russe durant le premier semestre 1998, est entrée en hibernation pour deux ans au moins, avant une éventuelle reprise en 2 000, selon les prévisions de l’OCDE. De son côté le Mexique, seul pays latino-américain membre de l’OCDE, devrait connaître une décélération de sa croissance à 3,6 % en 1999 avant un rebond à 4,4 % en 2 000, contre +4,6 % cette année, tandis que l’inflation devrait baisser de 16 % en 1998 à 10 % en 2 000. Le déficit de la balance des opérations courantes pourrait se creuser à un peu plus de 4% % en 2 000. Mais la persistance de turbulences financières affecterait «sensiblement» les perspectives du Mexique, selon l’OCDE. Pour l’Amérique du Sud, «le scénario le plus probable est celui d’une faible croissance – voire une croissance négative au Brésil et au Venezuela – jusqu’en 2 000, avec une correction progressive des déséquilibres internes et externes», écrit notamment l’organisation internationale. Elle n’exclut pas «l’émergence d’une crise majeure au Brésil», à laquelle il n’échapperait qu’avec un plan de stabilisation crédible, une réduction des déséquilibres budgétaires et une compression des dépenses publiques. Le Brésil focalise les préoccupations des investisseurs, qui se sont exprimées par une fuite vers les «actifs de qualité» après l’adoption de politiques restrictives entraînant dans tous les pays de la région une révision à la baisse des taux de croissance. Il s’en est suivi une hausse générale des primes de risque et des taux d’intérêt, mais les flux de capitaux se sont révélés plus importants qu’on ne le craignait à la fin de l’année dernière. Pour faire face à la crise asiatique, la politique monétaire a été relayée par la politique budgétaire provoquant une contraction de la demande. La construction et les industries des biens durables, en particulier l’automobile, en ont été affectés. La crise asiatique s’est traduite pour le continent par un fléchissement de la demande et une dégradation des termes de l’échange des produits de base : cuivre, farine de poisson, boisson d’origine tropicale. Simultanément, les marchés d’exportation se rétractaient et les prix baissaient. Après une période d’incertitude politique liée à la réélection du président Cardoso et grâce au soutien international (41 milliards de dollars mobilisés vendredi par le FMI), le Brésil a réussi à contenir la défiance des investisseurs et à freiner la dégradation économique. Le niveau des réserves reste important malgré leur baisse et les principales banques du pays, qui ont affiché des résultats en amélioration depuis 1994, sont créditées d’une solidité financière conforme aux normes internationales. Depuis le 28 octobre, le président Cardoso a lancé un programme de stabilisation budgétaire, prévoyant pour 1999 un ajustement de 23,5 mds de dollars, réparti entre une compression de la dépense publique, des mesures structurelles (privatisation) et une augmentation de l’impôt. Avec un plan de stabilisation crédible et une aide internationale de précaution, «les risques d’un ajustement désordonné des taux de change s’estompent» estime l’OCDE. Pour compenser la baisse des prix du pétrole, le Venezuela devrait, après les élections de décembre 98, accélérer les privatisations et mettre un coup d’arrêt à la croissance des dépenses publiques.
L’Amérique du Sud, affectée par El Nino et atteinte à son tour par les crises asiatique et russe durant le premier semestre 1998, est entrée en hibernation pour deux ans au moins, avant une éventuelle reprise en 2 000, selon les prévisions de l’OCDE. De son côté le Mexique, seul pays latino-américain membre de l’OCDE, devrait connaître une décélération de sa croissance à 3,6 % en 1999 avant un rebond à 4,4 % en 2 000, contre +4,6 % cette année, tandis que l’inflation devrait baisser de 16 % en 1998 à 10 % en 2 000. Le déficit de la balance des opérations courantes pourrait se creuser à un peu plus de 4% % en 2 000. Mais la persistance de turbulences financières affecterait «sensiblement» les perspectives du Mexique, selon l’OCDE. Pour l’Amérique du Sud, «le scénario le plus probable est celui d’une...