Jeune, Malika Mokeddem était anorexique. Pendant près de 10 ans. «Je pense que ça a été une prise de conscience, au moment où je sortais de l’enfance, que je commençais à devenir femme et que le regard des hommes changeait sur moi, dit-elle. Plus tard, médecin, j’ai appris que l’anorexie était pour les Occidentaux une maladie qui ne frappait que les filles issues de la bourgeoisie. Ce n’était pas du tout mon cas. Je pense que, pour moi, c’était un refus tout simplement de n’être qu’un corps, comme on l’aurait voulu. Un corps asservi aux besoins d’une grande famille. Et c’est à ce moment-là que je me suis jetée dans la lecture, parce que c’était la seule possibilité de voyager, de voir des ailleurs».
Jeune, Malika Mokeddem était anorexique. Pendant près de 10 ans. «Je pense que ça a été une prise de conscience, au moment où je sortais de l’enfance, que je commençais à devenir femme et que le regard des hommes changeait sur moi, dit-elle. Plus tard, médecin, j’ai appris que l’anorexie était pour les Occidentaux une maladie qui ne frappait que les filles issues de la bourgeoisie. Ce n’était pas du tout mon cas. Je pense que, pour moi, c’était un refus tout simplement de n’être qu’un corps, comme on l’aurait voulu. Un corps asservi aux besoins d’une grande famille. Et c’est à ce moment-là que je me suis jetée dans la lecture, parce que c’était la seule possibilité de voyager, de voir des ailleurs».
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