LES fresques du grand peintre de la Renaissance italienne, Raphaël, ornant des «chambres» du Palais du Vatican, ont retrouvé leur antique splendeur après des années de restauration. Recommandé par l’architecte Bramante, le jeune Raphaël avait été appelé à Rome par le pape Jules II, en 1508, quand il avait à peine un peu plus de 25 ans, pour orner la Chambre de la Signature, une des pièces des appartements privés des Borgia au Vatican. Le cycle de fresques de cette première chambre a été réalisé en quelques semaines malgré l’ampleur et la complexité des trois splendides compositions: «La Dispute du Saint Sacrement, «l’Ecole d’Athènes» et le «Parnasse». Cet ensemble vient d’être restauré après quatre années de travail délicat et patient et sera à nouveau visible du public d’ici Pâques, a indiqué un des directeurs des Musées du Vatican et responsable de la restauration, Arnold Nesselrath. La Chambre de la Signature avait tellement enthousiasmé Jules II qu’il lui commanda la décoration de deux autres chambres voisines, celle d’Héliodore (1512-1514) et celle de l’Incendie de Borgo (1514-1517). Cette dernière a déjà été restaurée de 1982 à 1990. Concurrence A son arrivée au Vatican, Raphaël s’est trouvé à proximité de son grand concurrent Michel-Ange, qui, à la même époque, travaillait à la voûte bleue de la chapelle Sixtine (1508-1512). Bien que les deux artistes n’aient officiellement eu aucun rapport, ils s’épiaient réciproquement. Vasari, architecte et historien contemporain des deux artistes, «a raconté qu’il avait amené Raphaël secrètement sur les échafaudages de la Sixtine pour qu’il puisse avoir un coup d’œil», a indiqué M. Nesselrath. «Il avait en commun avec Michel-Ange la rapidité d’exécution, les couleurs et cette façon de les faire miroiter», a indiqué l’expert, estimant que «l’habileté de Raphaël dépasse la légende». «La plus grande surprise, après la restauration, a été provoquée par les anges de la Dispute du Sacrement. Raphaël en a peint une armée mais chaque ange a un mouvement différent et des expressions différentes donnant beaucoup de mouvement à la composition», a indiqué le responsable. «La Dispute du Sacrement», dont la restauration va s’achever ces jours-ci, resplendit d’or. Elle célèbre le mystère de l’Eucharistie et le triomphe de l’Eglise, avec pour grands témoins des personnages terrestres exceptionnels: Dante, Savonarole, Virgile, Catulle, Pétrarque, Boccace... C’est la vivacité de la scène et la présence de tous ces grands personnages qui avaient conduit Vasari à l’interpréter, de façon erronée, comme représentant une dispute entre docteurs de l’Eglise d’où son nom «La Dispute du Sacrement». A l’orée du troisième millénaire, les Musées du Vatican se préparent à recevoir un nombre accru de visiteurs à l’occasion du jubilé de l’Eglise catholique. Ils sont déjà trois millions à venir chaque année. Après l’importante restauration du jugement dernier de Michel-Ange dans la chapelle Sixtine, conclue il y a trois ans, reste à terminer la restauration des parois latérales de la chapelle. Décorées de splendides fresques de Botticelli, Ghirlandaio, Pinturicchio, Signorelli et le Pérugin, elles devront être fin prêtes pour l’an 2000, assure-t-on au Vatican. (AFP).
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats LES fresques du grand peintre de la Renaissance italienne, Raphaël, ornant des «chambres» du Palais du Vatican, ont retrouvé leur antique splendeur après des années de restauration. Recommandé par l’architecte Bramante, le jeune Raphaël avait été appelé à Rome par le pape Jules II, en 1508, quand il avait à peine un peu plus de 25 ans, pour orner la Chambre de la Signature, une des pièces des appartements privés des Borgia au Vatican. Le cycle de fresques de cette première chambre a été réalisé en quelques semaines malgré l’ampleur et la complexité des trois splendides compositions: «La Dispute du Saint Sacrement, «l’Ecole d’Athènes» et le «Parnasse». Cet ensemble vient d’être restauré après quatre années de travail délicat et patient et sera à nouveau visible du public d’ici Pâques, a...