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Actualités - Chronologie

Eltsine bien décidé à faire plier la Douma sur le cas Kirienko

Le président russe, Boris Eltsine, après une courte visite au Japon, est bien décidé à faire plier cette semaine les communistes et la Douma (Chambre basse du Parlement) et leur faire accepter le jeune réformateur qu’il a choisi pour premier ministre. Vendredi prochain, la Chambre basse du Parlement, dont les communistes sont la première force, devra choisir entre accepter enfin de nommer à la tête du gouvernement Sergueï Kirienko, dont elle a déjà rejeté deux fois la candidature, ou bien être dissoute. Pendant le séjour au Japon du président russe, son porte-parole, Sergueï Iastrjembski, a souligné que le président avait été mécontent du rejet catégorique de son poulain vendredi par la Douma. Lors de cette deuxième tentative, M. Kirienko n’a reçu les voix que de 115 députés, nettement moins que les 143 du premier vote et loin des 226 nécessaires. «Mais le président a compris que ceci n’est qu’une phase intermédiaire, et que la vraie bataille est encore à venir», a déclaré le porte-parole samedi à Kawana, la station balnéaire japonaise où M. Eltsine rencontrait de façon informelle le premier ministre japonais, Ryutaro Hashimoto. Le chef de l’Etat compte bien en effet faire accepter cet homme nouveau qui doit selon lui redonner de la vigueur aux réformes, venir enfin à bout de l’éternel problème des salaires et pensions impayés, et s’attaquer aux problèmes sociaux de plus en plus nombreux tout en défendant le rouble et contrôlant les dépenses. Ce bras de fer entre la Douma et le président, qui a commencé le 23 mars lorsque M. Eltsine a brusquement limogé Viktor Tchernomyrdine, qui dirigeait le gouvernement depuis cinq ans, est le conflit le plus sérieux entre législatif et exécutif depuis la crise qui s’était terminée en octobre 1993 par l’assaut de l’armée contre le Parlement. La Constitution prévoit en effet qu’en cas de troisième refus, le président devra dissoudre la Douma et convoquer des élections législatives dans les trois mois. Et l’humeur combative de Boris Eltsine, qui est apparu en pleine forme lors de son voyage au Japon, ne laissait guère de doute sur le fait qu’il est décidé à aller jusqu’au bout s’il le faut. «Nous allons bientôt avoir un premier ministre jeune», a-t-il dit samedi au Japon, tandis que le premier vice-premier ministre par intérim Boris Nemtsov, à qui l’on demandait quel serait le premier ministre qui se rendrait bientôt au Japon, répondait sans hésitation: «Sergueï Kirienko». Mais les analystes estimaient ce week-end peu probable qu’on en arrive à la dissolution de la Douma. Le Kremlin devrait plutôt passer la semaine à user de toutes les ressources possibles, mêlant menaces et offres conciliantes, pour convaincre les députés d’accepter finalement la nomination de ce quasi-inconnu de 35 ans, qui se retrouverait ainsi en position de remplacer Boris Eltsine à la tête du pays en cas d’incapacité du président. De sources aussi bien parlementaires que proches du pouvoir, on indiquait que le Kremlin aurait d’ores et déjà fait aux communistes des propositions relativement minimes, mais suffisantes pour leur permettre de sauver la face et d’échapper ainsi à de nouvelles élections qui ne leur seraient pas forcément favorables. Selon certains analystes, la direction du parti est en effet convaincue que les communistes n’ont aucune chance de gagner les législatives, et encore moins la présidentielle de 2000, si ces scrutins ont lieu sur fond de crise politique dont les électeurs les tiendront pour responsables. Les communistes «ont déjà décidé de toute façon de voter pour Kirienko», estime Andreï Piontkovski, directeur du centre d’Etudes stratégiques à Moscou. Et parmi les députés a déjà commencé à circuler, selon lui, la phrase qui semble devoir devenir un leitmotiv d’ici vendredi: «Nous ne votons pas pour Kirienko, nous votons contre la dissolution de la Douma». (AFP)
Le président russe, Boris Eltsine, après une courte visite au Japon, est bien décidé à faire plier cette semaine les communistes et la Douma (Chambre basse du Parlement) et leur faire accepter le jeune réformateur qu’il a choisi pour premier ministre. Vendredi prochain, la Chambre basse du Parlement, dont les communistes sont la première force, devra choisir entre accepter enfin de nommer à la tête du gouvernement Sergueï Kirienko, dont elle a déjà rejeté deux fois la candidature, ou bien être dissoute. Pendant le séjour au Japon du président russe, son porte-parole, Sergueï Iastrjembski, a souligné que le président avait été mécontent du rejet catégorique de son poulain vendredi par la Douma. Lors de cette deuxième tentative, M. Kirienko n’a reçu les voix que de 115 députés, nettement moins que les 143...