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Actualités - Chronologie

Psychopédagogie La fonction de la peur

La peur est une émotion que l’enfant connaît dès sa venue au monde. Propulsé à sa naissance dans un monde terrifiant et totalement inconnu, il vivra les premiers temps de sa vie dans la terreur fondamentale de ne pas être nourri et surtout d’être abandonné. Avec l’âge, ses peurs vont se multiplier et évoluer: ne pas voir sa mère quand elle s’éloigne, rencontrer des personnes qu’il ne connaît pas («peur de l’étranger»). Entre 3 et 5 ans s’établissent les angoisses: ne plus être aimé quand il est puni ou grondé, être attaqué par un animal, l’ogre, la sorcière, être abandonné dans un monde inconnu. En résumé, l’enfant a peur de l’inconnu, de tout ce qu’il ne contrôle pas. Il arrive que certaines émotions vives qu’il ne contrôle pas, des excitations extérieures qu’il ne maîtrise pas (images, scènes, films, lectures) se traduisent par des cauchemars. Il est important, alors, que les parents sachent que l’enfant se crée lui-même des peurs et qu’il recherche malgré lui ce sentiment dont il ne connaît pas les limites. Faire semblant de le poursuivre en voulant l’attraper le terrorise et en même temps l’enchante. Il est ravi, mais en même temps il s’enfuit en criant. Que se passe-t-il en lui au juste? Se sentant poursuivi, il a peur d’être «mangé», donc de disparaître. Sa propre réaction (fuir) le convainc qu’il peut rester maître de la situation puisqu’il peut arrêter le jeu quand il le souhaite. Pour l’enfant, donc, c’est une manière d’apprendre et de mettre à l’épreuve ses propres réactions. Car c’est peu à peu qu’un enfant découvre ses propres réactions en même temps que le monde. Pour apprendre donc, il doit se confronter à l’inconnu. Comme ce que l’on ne maîtrise pas complètement fait peur, le monde fait peur à l’enfant. Alors, afin de progresser et d’évoluer, il développe dans son imagination des représentations monstrueuses, les plaçant là où la situation le dépasse; ce qui lui permet de maîtriser sa peur. Quand et comment réagir? Bien qu’effrayantes, ces représentations le rassurent. Comme elles sont issues de sa propre imagination, il pense avoir beaucoup plus d’ascendant sur elles que sur tout ce qui l’entoure, c’est-à-dire le monde extérieur dont il ignore les rouages. Cet apprentissage de la gestion de ses propres émotions, s’il se limite à des jeux et des amusements, n’a besoin d’aucune intervention de la part des parents. Si, en revanche, il passe son temps à se faire peur, plongé dans des récits terrifiants, à regarder des films angoissants, à rechercher constamment le frisson de l’épouvante, il faut que les parents réagissent. Il s’agit, en effet, d’empêcher que l’enfant développe une psychologie morbide. Il faut, donc, pousser l’enfant à comprendre ses peurs quand il ne les contrôle pas. Ceci lui permettra petit à petit à les surmonter. Dans cette démarche, il ne faut surtout pas minimiser ou ridiculiser ses angoisses. Une explication simple d’un rêve terrorisant, une conversation autour d’une phobie ou d’un cauchemar, où on expliquera la différence entre réalité et rêve, seront bénéfiques. L’essentiel, on l’aurait compris, c’est que l’enfant arrive à faire lui-même la distinction entre vécu et réalité face à l’imaginaire. C’est là où les contes de fées sont d’une précieuse assistance. Les récits des fées abordent les grandes peurs fondamentales des enfants (abandon, rejet, impuissance) en les transposant dans un contexte imaginaire où elles finissent toujours par être annihiler. L’enfant apprend ainsi à trouver des solutions aux problèmes qu’il redoute, en démystifiant les dragons qui le terrorisent.
La peur est une émotion que l’enfant connaît dès sa venue au monde. Propulsé à sa naissance dans un monde terrifiant et totalement inconnu, il vivra les premiers temps de sa vie dans la terreur fondamentale de ne pas être nourri et surtout d’être abandonné. Avec l’âge, ses peurs vont se multiplier et évoluer: ne pas voir sa mère quand elle s’éloigne, rencontrer des personnes qu’il ne connaît pas («peur de l’étranger»). Entre 3 et 5 ans s’établissent les angoisses: ne plus être aimé quand il est puni ou grondé, être attaqué par un animal, l’ogre, la sorcière, être abandonné dans un monde inconnu. En résumé, l’enfant a peur de l’inconnu, de tout ce qu’il ne contrôle pas. Il arrive que certaines émotions vives qu’il ne contrôle pas, des excitations extérieures qu’il ne maîtrise pas...