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Actualités - Chronologie

Trésors volés

Les découvertes de trésors antiques se succèdent en Bulgarie, mais ce pays, l’un des plus riches en la matière, a du mal à les protéger contre les trafiquants et réseaux mafieux qui les pillent et les revendent en Occident. L’UNESCO place la Bulgarie en troisième position en Europe, pour la qualité et le nombre de ses vestiges historiques, selon Nikolaï Markov, expert au musée historique national. Mais les autorités ont tellement du mal à lutter contre les trafiquants qu’elles annoncent désormais les découvertes sans mentionner leur lieu, pour brouiller les pistes des pillards. Un trésor thrace de l’époque de la guerre de Troyes, du Xe au XIIIe siècle av JC, «d’une valeur inestimable», a été remis au musée historique national. Outre un glaive en fer, cinq lances, des ornements et des amulettes en or, les scientifiques ont trouvé un disque en bronze unique en son genre avec des ornements rares. Ce trésor a été utilisé lors des obsèques d’un dignitaire thrace et des archéologues étudieront le lieu de la découverte à la recherche d’informations scientifiques supplémentaires , selon Gavraïl Lazov chargé du dossier au musée historique national. Le lieu de cette découverte, dans le sud de la Bulgarie, est gardé secret car depuis la chute du Rideau de fer, des chercheurs de trésors bien équipés se ruent sur les vestiges remontant aux époques préhistorique, thrace (20e au 2e siècle av JC), romaine (2e au 1er siècle av JC) et byzantine (1er au 5e siècle de notre ère). A ceux-ci s’ajoutent des trésors bulgares enfouis sous terre et remontant à l’époque de la domination ottomane (XIIIe au XIXe siècle). Collectionneurs Quasiment tous les monastères et églises du pays ont eu à se plaindre de vols. Le dernier, mercredi, a visé un Evangile du 17e siècle appartenant au monastère de Batschkovo (sud). Le butin est généralement revendu en Allemagne et en Autriche. L’unique objectif de ces pillards étant la revente, non seulement ils volent une partie du patrimoine national, mais ils dévastent aussi des zones de fouilles «irrémédiablement perdues pour la science», constate Margarita Vaklinova, directrice adjointe du musée archéologique de Sofia. En outre, les archéologues bulgares manquent souvent de moyens pour acheter des équipements aussi modernes que ceux des chercheurs de trésors, relève M. Markov. Selon lui, «Une colline thrace, qui représente des mois d’étude pour les archéologues, peut-être dévastée en moins d’une semaine par les chercheurs de trésors». Une loi en vigueur depuis 1969, largement ignorée, oblige toute personne découvrant des objets de valeur culturelle et archéologique à les remettre à un musée dans un délai de deux semaines. «Les musées ont cependant toutes les peines du monde à récupérer un trésor, les suspects affirmant souvent en justice qu’il provient de leur famille», selon M. Markov. L’existence de collections privées de trésors antiques étant théoriquement interdite par la loi, le musée historique national n’accepte pas moins des «dons» de collectionneurs subitement généreux lorsqu’ils se savent menacés par la justice. Parmi ces collectionneurs figurent parfois des personnalités éminentes de l’époque communiste, dont selon l’hebdomadaire «Capital» un ancien chef de l’ex-police politique, un ancien lutteur et un peintre. Selon une source policière citée par «Capital», environ 25.000 objets d’art ont été saisis depuis 1985, mais ils ne représentent que 30% du trafic de biens culturels vers l’étranger. L’ingéniosité des trafiquants est sans limite: les spécialistes bulgares, cités par «Capital», calculent que plus de 30% des antiquités vendues à l’étranger sont des faux. (AFP)
Les découvertes de trésors antiques se succèdent en Bulgarie, mais ce pays, l’un des plus riches en la matière, a du mal à les protéger contre les trafiquants et réseaux mafieux qui les pillent et les revendent en Occident. L’UNESCO place la Bulgarie en troisième position en Europe, pour la qualité et le nombre de ses vestiges historiques, selon Nikolaï Markov, expert au musée historique national. Mais les autorités ont tellement du mal à lutter contre les trafiquants qu’elles annoncent désormais les découvertes sans mentionner leur lieu, pour brouiller les pistes des pillards. Un trésor thrace de l’époque de la guerre de Troyes, du Xe au XIIIe siècle av JC, «d’une valeur inestimable», a été remis au musée historique national. Outre un glaive en fer, cinq lances, des ornements et des amulettes en or, les...