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Actualités - Chronologie

Journal sans nouvelles

«Pas de nouvelles, bonnes nouvelles!». Ulcéré par le pouvoir des médias et lassé du «village planétaire», un dessinateur néerlandais a choisi de mettre le vieil adage en pratique en publiant un journal aux pages désespérément blanches. Fondateur, éditeur, rédacteur en chef et unique journaliste, Hans Bossman n’écrit pas à l’encre sympathique: lancé à Amsterdam, son «Dagblad zonder Nieuws» (Journal sans nouvelles) est vraiment dépourvu de toute information. «Aujourd’hui, les gens sont stressés et submergés par le flot continu de nouvelles déversé par les médias. On n’arrive plus à faire le tri. je voulais créer une oasis. Prouver que, sans informations, le monde a l’air meilleur», explique Hans Bossman. Insensible à l’angoisse du journaliste devant la page blanche, ce médiateur d’un genre nouveau se dit «très fier» de son «enfant», dont il a «tiré» 1.000 exemplaires en trois semaines, sous le couvert d’une fondation opportunément baptisée «Silence!». Contact direct Faute d’un lectorat suffisant, l’initiative n’est guère rentable. «Je perds un argent fou», confesse Bossman. Agé de 37 ans, marié et père de trois enfants, celui-ci n’a aucun espoir de faire vivre sa famille de sa publication. Consolation: le «Dagblad zonder Nieuws», uniquement distribué par abonnement, compte déjà à son palmarès neuf inconditionnels. Pour méditer sur les 14 pages de l’édition quotidienne, auxquelles s’ajoute chaque samedi un supplément week-end de 8 pages, ces «accros» règlent la somme de 40 florins (environ 19 dollars ou 20 dollars) par mois. En prime, ils bénéficient d’un contact direct avec «leur» journaliste favori. «Je les connais à peu près tous», explique Hans Bossman. «La plupart sont étudiants mais il y a aussi un retraité d’une soixantaine d’années. Je leur ai parlé avant qu’ils s’abonnent. Certains sont convaincus que mon journal est vital. Les autres sont amusés, ils ont juste souscrit pour me soutenir». En vue d’élargir son lectorat à une clientèle «plus pressée», Bossman a également lancé un «Tijdschrift zonder Nieuws» (Magazine sans nouvelles), hebdomadaire de 36 pages vendu par abonnement au prix de 30 florins (14,5 USD) les quatre numéros. S’il a renoncé pour le moment aux versions bi-mensuelle et mensuelle, il compte bien, en revanche, se développer au-delà des Pays-Bas. Un «Zeitschrift ohne Nachrichten» en allemand doit déjà voir le jour le 28 avril et servir de prélude au «Diario sin Noticias» espagnol et au «Daily without News» anglais. Hans Bossman s’inquiète toutefois des frais inhérents à sa «stratégie internationale»: «Le journal est tout blanc mais son enveloppe va devoir être traduite dans les différentes langues et cela coûte cher». (AFP)
«Pas de nouvelles, bonnes nouvelles!». Ulcéré par le pouvoir des médias et lassé du «village planétaire», un dessinateur néerlandais a choisi de mettre le vieil adage en pratique en publiant un journal aux pages désespérément blanches. Fondateur, éditeur, rédacteur en chef et unique journaliste, Hans Bossman n’écrit pas à l’encre sympathique: lancé à Amsterdam, son «Dagblad zonder Nieuws» (Journal sans nouvelles) est vraiment dépourvu de toute information. «Aujourd’hui, les gens sont stressés et submergés par le flot continu de nouvelles déversé par les médias. On n’arrive plus à faire le tri. je voulais créer une oasis. Prouver que, sans informations, le monde a l’air meilleur», explique Hans Bossman. Insensible à l’angoisse du journaliste devant la page blanche, ce médiateur d’un genre...