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Actualités - Biographies

Un Khmer rouge ... sang (photo)

Le nom de Pol Pot, universellement exécré, est à jamais synonyme de terreur et de génocide. En tant que No 1 du régime khmer rouge de 1975 à 1979, il est tenu responsable de la mort de plus d’un million, peut-être deux, de ses compatriotes. Torturés, exécutés, affamés ou maltraités. De son vrai nom Saloth Sar (Pol Pot est un surnom de guerre), il est né en 1925 ou 1928 — la date reste controversée — dans une famille paysanne aisée de la province centrale de Kompong Thom. C’est en France, où il a suivi des études d’électricien au début des années 50, qu’il se convertit à l’idéologie marxiste dans les cercles étudiants proches du PCF, à l’époque stalinien. «J’ai commencé par être nationaliste, puis patriote, et ensuite j’ai lu des livres progressistes», a-t-il raconté. Il devient membre du comité central du Parti communiste du Kampucha (PCK) à la fin des années 50, après plusieurs années comme professeur dans une école privée de Phnom Penh, puis son secrétaire général, en 1960, après la disparition mystérieuse du numéro 1 du PCK, Tou Samuth. Craignant d’être arrêté par la police du prince Sihanouk, alors au pouvoir, Pol Pot prend le maquis en 1963 dans les jungles du Nord-Est du Cambodge. C’est là, au milieu de minorités ethniques, qu’il recrute et organise la guérilla khmère rouge. Il met à profit ses talents de pédagogue — une voix douce et persuasive, disent les témoins — pour former des cadres aveuglément obéissants et disciplinés. Quatre ans de terreur Sous sa direction, les Khmers rouges lancent pour la première fois, en avril 1967, une attaque contre une garnison gouvernementale cambodgienne à Samlot, dans la province du nord-ouest de Battambang, au plus fort de la guerre du Vietnam, puis contre la dictature de Lon Nol à partir de 1970 pour s’emparer de Phnom Penh le 17 avril 1975, en pleine débâcle américaine en Indochine. La capitale vidée en trois jours de ses habitants «embourgeoisés», commence un règne de terreur de près de quatre ans, légitimé par les diktats d’une utopie agrarienne délirante, d’inspiration maoïste, et d’un modèle radical d’expérimentation sociale. Famille, religion, éducation, argent, propriété privée sont abolis. La plupart des Cambodgiens sont regroupés dans des fermes collectives, contraints par les membres de «l’ancienne classe» aux travaux forcés (LIRE PAR AILLEURS). Pol Pot, toujours dans l’ombre — la plupart des Cambodgiens ignorent alors son nom —, est le «Frère No 1» du régime. A l’extérieur, allié aux Chinois, il poursuit une politique ultra-nationaliste, violemment agressive à l’égard du Vietnam, le frère ennemi pro-soviétique. Il est chassé de Phnom Penh le 7 janvier 1979 par les soldats de Hanoi qui ont attaqué le Cambodge le jour de Noël à la suite de raids frontaliers khmers rouges de plus en plus meurtriers. Le monde découvre l’horreur des «champs de la mort». Pol Pot disparaît pendant près de 20 ans pour ressusciter en juillet 1997 à Anlong Veng, une base khmère rouge proche de la frontière thaïlandaise, apparemment victime à son tour d’une énième purge au sein de la direction de la guérilla. C’est un vieillard affaibli qui est alors jugé par ses anciens comparses. Un tyran fatigué qui disait «ne rien regretter». (AFP)
Le nom de Pol Pot, universellement exécré, est à jamais synonyme de terreur et de génocide. En tant que No 1 du régime khmer rouge de 1975 à 1979, il est tenu responsable de la mort de plus d’un million, peut-être deux, de ses compatriotes. Torturés, exécutés, affamés ou maltraités. De son vrai nom Saloth Sar (Pol Pot est un surnom de guerre), il est né en 1925 ou 1928 — la date reste controversée — dans une famille paysanne aisée de la province centrale de Kompong Thom. C’est en France, où il a suivi des études d’électricien au début des années 50, qu’il se convertit à l’idéologie marxiste dans les cercles étudiants proches du PCF, à l’époque stalinien. «J’ai commencé par être nationaliste, puis patriote, et ensuite j’ai lu des livres progressistes», a-t-il raconté. Il devient membre du...