Amnesty International a accusé les pays du Proche-Orient et d’Afrique du Nord de favoriser la tenue de procès iniques à partir de preuves fabriquées, en contradiction avec tous les traités sur les droits de l’homme. Dans un rapport de 80 pages, intitulé «Injustice d’Etat: les procès iniques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord», l’organisation de défense des droits de l’homme basée à Londres affirme que dans toute cette région, «des prisonniers politiques, y compris des prisonniers d’opinion, languissent dans les prisons ou attendent d’être exécutés, à partir de preuves fabriquées et après une parodie de justice». Pour Amnesty, «un des fondements de tout système judiciaire est la présomption d’innocence jusqu’à ce que la culpabilité soit prouvée. Mais tragiquement, c’est le plus souvent le contraire qui se produit dans la région», selon le rapport. «Les Etats de cette région autorisent et même encouragent les procès iniques, bien qu’ils aient signé des traités internationaux sur les droits de l’homme, qui les obligent à mettre leur législation et leur pratique en conformité avec des traités», note Amnesty. En prison sans jugement Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, ajoute l’organisation, les «gens sont souvent arrêtés arbitrairement et placés au secret, souvent sans aucune inculpation. Certains sont détenus au secret depuis des mois, parfois depuis des années, sans contact avec leurs parents, avocats ou médecins, avant d’être jugés dans le meilleur des cas». En Arabie Séoudite et en Libye, des centaines de personnes sont en prison depuis des années sans jugement, parfois depuis quinze ans, selon Amnesty. En Algérie, des milliers de personnes sont détenues au secret ou «disparaissent». En Tunisie, plus de 270 personnes reconnues coupables lors de procès devant les tribunaux militaires ont été torturées. En Egypte, la torture est systématiquement pratiquée par les forces de sécurité tandis qu’à Bahrein, au Liban, en Syrie et en Tunisie, des femmes ont fait l’objet de menaces, d’attaques sexuelles et d’autres formes de torture pour les obliger à témoigner contre un mari ou un frère, souligne Amnesty. En Iran, Irak, Israël et dans les territoires occupés, des accusés sont jugés par des tribunaux d’exception. En Algérie, en Syrie et en Arabie Séoudite, la loi permet d’emprisonner pour des raisons religieuses. Enfin, si un nombre croissant de pays dans le monde abolissent la peine de mort, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord certains pays multiplient les peines capitales, et chaque année des centaines de personnes sont condamnées à mort ou à des châtiments corporels comme la flagellation ou les amputations. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Amnesty International a accusé les pays du Proche-Orient et d’Afrique du Nord de favoriser la tenue de procès iniques à partir de preuves fabriquées, en contradiction avec tous les traités sur les droits de l’homme. Dans un rapport de 80 pages, intitulé «Injustice d’Etat: les procès iniques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord», l’organisation de défense des droits de l’homme basée à Londres affirme que dans toute cette région, «des prisonniers politiques, y compris des prisonniers d’opinion, languissent dans les prisons ou attendent d’être exécutés, à partir de preuves fabriquées et après une parodie de justice». Pour Amnesty, «un des fondements de tout système judiciaire est la présomption d’innocence jusqu’à ce que la culpabilité soit prouvée. Mais tragiquement, c’est le plus souvent le...