Ils sont lumineux, musicaux, de plus en plus perfectionnés, mais la règle du jeu ne change pas depuis des siècles: le yo-yo, relancé l’an dernier au Japon, revient en force dans les cours d’école. Le phénomène est arrivé sur les côtes britanniques au printemps dernier et «commence à s’étendre à toute l’Europe», observe Gerry Masters, secrétaire de la British Association of Toy Retailers (BATR), l’association britannique des distributeurs de jouets. «Nous n’avons jamais vu ça!, s’exclame-t-il, il n’y a pas eu de publicité, c’est parti tout seul». Le yo-yo a toujours connu des hauts et des bas et revient régulièrement à la mode, mais le récent engouement qu’il suscite atteint des proportions inédites. «Nous avons vendu 930 000 yo-yo au cours des trois derniers mois et ce chiffre devrait dépasser le million d’ici la fin novembre» alors que l’année dernière, les ventes se comptaient en centaines, affirme, réjoui, John Howard de PMS International, un fabricant de jouets britannique. Selon les experts, tout a commencé l’année dernière au Japon avec le lancement d’un yo-yo «hightech» muni d’un «cerveau», un système d’embrayage qui rend sa manipulation plus facile et lui permet de rester plus longtemps au bout du fil avant de remonter automatiquement. Le yo-yo a parcouru beaucoup de chemin depuis sa première apparition il y a quelque 2 500 ans en Grèce, ce qui en fait, selon les spécialistes, un des plus anciens jouets de l’histoire. «Reviens» en tagalog Le mot «yo-yo» lui-même viendrait du tagalog, la langue philippine, et signifie «reviens». Mais l’ancêtre du yo-yo aux Philippines, hérissé de pointes et de piques, a été pendant plusieurs siècles utilisé comme arme. Aujourd’hui, le yo-yo est en général considéré comme inoffensif, même s’il a été interdit de cour par la directrice d’une école primaire de Trowbridge (Angleterre). Mais l’innovation a un prix, et les yo-yo fin de siècle ne sont pas à la portée de toutes les tirelires. S’il est toujours possible de se procurer la version classique du yo-yo aux alentours de 2 livres (3,3 dollars), les dernières vedettes les plus courues chez les écoliers sont en vente à un peu plus de 10 livres (16,7 dollars). «Les yo-yo les plus chers sont ceux qui se vendent le mieux», remarque Gerry Masters. Et au grand plaisir des fabricants, les enfants ne se contentent généralement pas d’un seul yo-yo. Les collectioneurs, en général adultes, peuvent même débourser plus de 100 livres (167 dollars) pour faire tourner au bout d’un fil l’ultraléger «Silver Bullet II» en aluminium spécial réservé d’habitude aux avions. «Nous avons dû faire venir des yo-yo supplémentaires de Chine», souligne John Howard de PMS International. Mais les commerçants ne se font pas d’illusion: le succès du yo-yo ne tient qu’à un fil... C’est bien connu, les enfants se lassent vite de leurs jouets, et à l’approche de Noël, les yo-yo pourraient rapidement retourner dans les fonds de tiroirs, leurs propriétaires étant trop occupés à découvrir les dernières nouveautés ludiques de fin d’année.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Ils sont lumineux, musicaux, de plus en plus perfectionnés, mais la règle du jeu ne change pas depuis des siècles: le yo-yo, relancé l’an dernier au Japon, revient en force dans les cours d’école. Le phénomène est arrivé sur les côtes britanniques au printemps dernier et «commence à s’étendre à toute l’Europe», observe Gerry Masters, secrétaire de la British Association of Toy Retailers (BATR), l’association britannique des distributeurs de jouets. «Nous n’avons jamais vu ça!, s’exclame-t-il, il n’y a pas eu de publicité, c’est parti tout seul». Le yo-yo a toujours connu des hauts et des bas et revient régulièrement à la mode, mais le récent engouement qu’il suscite atteint des proportions inédites. «Nous avons vendu 930 000 yo-yo au cours des trois derniers mois et ce chiffre devrait...