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Actualités - Chronologie

La guerre du tabac reprend aux USA

Les cigarettiers américains ont dénoncé leur accord conclu l’an dernier avec le Congrès mais le président Bill Clinton s’est engagé à réformer l’industrie du tabac avec ou sans leur coopération. Le cigarettier Steven Goldstone, directeur général du groupe RJR Nabisco, le numéro 2 américain du tabac, a déclaré qu’à son avis l’accord conclu le 20 juin 1997 entre les compagnies de tabac et 40 Etats de l’Union qui les poursuivaient en justice était «mort». «Ce règlement exceptionnel, conclu le 20 juin dernier et qui aurait pu amener le pays à suivre une voie tout à fait nouvelle et constructive concernant le tabac, est enterré», a affirmé Goldstone. Il a ajouté qu’il n’avait «pas d’espoir» de voir aboutir cette année les négociations sur la réforme de la législation réglementant la vente et la publicité sur le tabac. Les autres grands fabricants de cigarettes, Philip Morris — le numéro un —, Lorrilard et Brown and Williamson, signataires de l’accord du 20 juin, ont publié des communiqués pour faire savoir qu’ils soutenaient la position de Goldstone. Les investisseurs ont aussi fait leur cette position et les valeurs liées au tabac ont grimpé à Wall Street. Philip Morris a dit qu’il s’opposerait «activement» au projet de loi préparé par la commission du commerce du Sénat. Lorillard a renchéri en déclarant qu’il serait «irresponsable» de sa part d’approuver «le genre de propositions actuellement devant le Congrès». Brown & Williamson a dénoncé une «politique partisane, l’absence de direction à la Maison-Blanche et une volonté obsessionnelle de punir l’industrie» du tabac. Le président Clinton et les dirigeants du Congrès, républicains comme démocrates, ont promptement réaffirmé qu’ils ne se laisseraient pas impressionner par les menaces des cigarettiers. «Je pense qu’ils doivent revoir leur position car nous aboutirons d’une manière ou d’une autre (à une loi). Ils peuvent y participer ou lutter contre», a déclaré Bill Clinton, en estimant que la position des fabricants constituait une «grave erreur». Protéger la jeunesse Bill Clinton a affirmé qu’il ne cherchait pas à mettre les compagnies de tabac en péril mais souhaitait protéger les enfants des dangers liés au tabagisme. «Depuis la première offre de règlement, de nouveaux éléments de preuves ont montré qu’il y avait eu une tentative délibérée, pendant dix ans, de vendre du tabac aux enfants, même s’ils n’ont pas le droit d’en acheter», a-t-il expliqué. Le président de la commission du commerce à la Chambre des représentants, le républicain de Virginie Thomas Bliley, lui a emboîté le pas et a réclamé une «législation ferme pour réduire le tabagisme chez les jeunes» même sans la coopération de l’industrie cigarettière. La position de la filière est «regrettable mais ce n’est pas une raison pour ne rien faire», a-t-il dit. En l’absence d’accord au niveau national, les Etats américains seraient en mesure de poursuivre les actions en justice déjà engagées contre les fabricants pour obtenir dédommagement des milliards de dollars de frais de santé publique entraînés par le tabagisme.(Reuters)
Les cigarettiers américains ont dénoncé leur accord conclu l’an dernier avec le Congrès mais le président Bill Clinton s’est engagé à réformer l’industrie du tabac avec ou sans leur coopération. Le cigarettier Steven Goldstone, directeur général du groupe RJR Nabisco, le numéro 2 américain du tabac, a déclaré qu’à son avis l’accord conclu le 20 juin 1997 entre les compagnies de tabac et 40 Etats de l’Union qui les poursuivaient en justice était «mort». «Ce règlement exceptionnel, conclu le 20 juin dernier et qui aurait pu amener le pays à suivre une voie tout à fait nouvelle et constructive concernant le tabac, est enterré», a affirmé Goldstone. Il a ajouté qu’il n’avait «pas d’espoir» de voir aboutir cette année les négociations sur la réforme de la législation réglementant la vente...