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Actualités - Biographies

Un défi pour la communauté internationale

Radovan Karadzic, l’ancien leader politique des Serbes de Bosnie que Washington a appelé à se rendre, est accusé de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide par le Tribunal pénal international (TPI) de La Haye. Chef de file des extrémistes serbes de Bosnie, il a mis toute son action au service d’une idée fixe: l’indépendance des Serbes de Bosnie et leur unification avec ceux de Serbie et du Monténégro. Inculpé dès juillet 1995, il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international et avait été forcé par la communauté internationale à renoncer, le 19 juillet 1996, à ses pouvoirs de président de la Republika Srpska (RS, entité serbe de Bosnie). Radovan Karadzic reste pour bon nombre de Serbes un «héros national» qui a taillé à coups de canon un «Etat» serbe, la Republika Srpska, née des accords de Dayton signés en décembre 1995 à Paris après 43 mois d’une guerre qui a fait plus de 200.000 morts. Psychiatre de profession, né en 1944 dans un village proche de Niksic (centre-ouest du Monténégro), il semble n’avoir jamais cru pouvoir réaliser son rêve autrement que par les armes. Doté d’une solide réputation de bon vivant, cet ultra-nationaliste avait fondé en juillet 1990 le Parti démocratique serbe (SDS) de Bosnie-Herzégovine. Dès mars 1991, il prônait pour la Bosnie-Herzégovine une «confédération» de trois Etats, serbe, musulman et croate, et affirmait que «la volonté du peuple serbe suffit pour qu’il en soit ainsi». En janvier 1992, il devenait président de la «République du peuple serbe de Bosnie-Herzégovine», proclamée unilatéralement. Lancé sur la scène politique par le président serbe Slobodan Milosevic, Radovan Karadzic était entré pour la première fois en conflit avec son mentor en mai 1993 lorsqu’après avoir accepté le plan de paix Vance-Owen à Athènes, il l’avait fait rejeter par son Parlement. Tout au long de sa carrière, Karadzic n’a cessé de défier la communauté internationale, allant jusqu’à limoger, en mai 1996, son premier ministre Rajko Kasagic, jugé trop accommodant dans la mise en œuvre des accords de Dayton et le rétablissement des liens avec la Fédération croato-musulmane de Bosnie. «Homme de fer», selon les chansons populaires composées en son honneur, il ne recule pas devant les déclarations fracassantes: il avait averti Washington que les parachutages d’aide humanitaire pourraient provoquer en réaction des actes terroristes sur le territoire américain et a évoqué le risque d’une Troisième Guerre mondiale en cas d’intervention militaire étrangère en Bosnie. (AFP)
Radovan Karadzic, l’ancien leader politique des Serbes de Bosnie que Washington a appelé à se rendre, est accusé de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide par le Tribunal pénal international (TPI) de La Haye. Chef de file des extrémistes serbes de Bosnie, il a mis toute son action au service d’une idée fixe: l’indépendance des Serbes de Bosnie et leur unification avec ceux de Serbie et du Monténégro. Inculpé dès juillet 1995, il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international et avait été forcé par la communauté internationale à renoncer, le 19 juillet 1996, à ses pouvoirs de président de la Republika Srpska (RS, entité serbe de Bosnie). Radovan Karadzic reste pour bon nombre de Serbes un «héros national» qui a taillé à coups de canon un «Etat» serbe, la Republika Srpska, née...