Trois organisations de défense des droits de l’homme ont mis en garde contre le risque «d’explosion» du Kenya dans une guerre civile, accusant le gouvernement de ne pas lutter contre les violences tribales à caractère politique et de «diviser pour mieux régner». «La situation s’aggrave et les gens parlent de guerre», a indiqué Binaifer Nowrojee, de l’ONG Human Rights Watch, à la suite d’une tournée, avec des représentants d’Amnesty International et d’Article 19, dans la vallée du Rift (ouest), la plus touchée par les violences inter-ethniques. Plus de 120 personnes, pour la plupart membres de la tribu Kikuyu (soutenant l’opposition) ont été tuées lors des violences dans cette province en janvier-février. Des milliers d’autres ont dû fuir leurs maisons, pillées ou incendiées. «Culture d’impunité» Pour Amnesty International, le gouvernement kenyan semble par son attitude couvrir ces violences, et cette «culture d’impunité» encourage les auteurs d’attaques inter-tribales. «La délégation des droits de l’homme craint que des sympathisants du parti au pouvoir soient les instigateurs des violences politiques, et en font porter la responsabilité sur des explosions ‘spontanées’ de haine tribale», s’inquiètent les trois ONG dans un rapport conjoint présenté à Nairobi. «La spirale de violence et de haine tribale se traduit par des violations croissantes de droits de l’homme, et ne cessera pas tant que le gouvernement continuera à utiliser sa tactique de ‘diviser pour mieux régner», poursuit le rapport. «La violence est utilisée pour châtier les partisans de l’opposition», a dénoncé Binaifer Nowrojee, soulignant que les attaques initiales dans la région avaient été perpétrées contre les Kikuyu par les tribus Kalenjin ou Pokot, qui soutiennent le gouvernement. «Le gouvernement, de manière systématique, n’a ni ouvert d’enquête sur les attaques, ni sanctionné les agresseurs, ni protégé les personnes effrayées, déplacées et en colère», accuse la délégation. Les violences n’ont connu une accalmie qu’après que les Kikuyu ont mené des «représailles organisées» à Naishi, a remarqué la délégation. La délégation des droits de l’homme a aussi relevé des développements inquiétants comme «l’usage d’armes de plus en plus sophistiquées, et une nouvelle tendance au viol et au meurtre des femmes» lors des raids. «Les personnes âgées et les enfants ne sont pas non plus épargnés», note le rapport. Les trois ONG ont interviewé quantité de survivants et de villageois terrorisés, qui ont accusé la police de rester impassible lors des attaques. Amnesty, Human Rights Watch et Article 19 ont appelé la communauté internationale à faire pression sur les autorités kenyanes pour qu’elles respectent les droits de l’homme. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Trois organisations de défense des droits de l’homme ont mis en garde contre le risque «d’explosion» du Kenya dans une guerre civile, accusant le gouvernement de ne pas lutter contre les violences tribales à caractère politique et de «diviser pour mieux régner». «La situation s’aggrave et les gens parlent de guerre», a indiqué Binaifer Nowrojee, de l’ONG Human Rights Watch, à la suite d’une tournée, avec des représentants d’Amnesty International et d’Article 19, dans la vallée du Rift (ouest), la plus touchée par les violences inter-ethniques. Plus de 120 personnes, pour la plupart membres de la tribu Kikuyu (soutenant l’opposition) ont été tuées lors des violences dans cette province en janvier-février. Des milliers d’autres ont dû fuir leurs maisons, pillées ou incendiées. «Culture...