L'aboutissement d'une multitude d'accords morts-nés
le 14 avril 1998 à 00h00
De Margaret Thatcher à Tony Blair, la plupart des chefs de gouvernement britanniques ont cherché depuis un quart de siècle une réponse politique à la violence en Irlande du Nord. Mais leurs accords de paix sont restés sans lendemain. Le schéma institutionnel contenu dans l’accord signé vendredi reprend les grandes lignes de la plupart de ceux déjà imaginés par Londres et Dublin. Mais avec une différence fondamentale: il a été négocié avec tous les principaux partis politiques d’Irlande du Nord, ce qui, en théorie du moins, pourrait lui assurer une survie. La première tentative remonte à 1973. Le preminer ministre britannique Edward Heath a suspendu un an plus tôt le Parlement local de Stormont (près de Belfast) après un déchaînement de violence. Il met au point avec Dublin et le représentant des protestants unionistes le premier schéma politique d’une Irlande du Nord pacifiée, avec la création d’un conseil d’Irlande comprenant des responsables des deux parties de l’île. Mais dans la province, la communauté ne suit pas. Les attentats des extrémistes protestants loyalistes (fidèles à la couronne) se multiplient et les protestants se mettent en grève générale. L’accord est enterré. Margaret Thatcher reprend le flambeau au début des années 1980. Après de laborieuses négociations, elle signe dans le château de Hillsborough, celui-là même où s’est négocié le texte de vendredi, un nouvel accord avec le premier ministre irlandais de l’époque Garet Fitzgerald. Il prévoit une conférence inter-gouvernementale anglo-irlandaise et autorise Dublin à donner son point de vue là où les intérêts des catholiques sont en jeu. Mais là encore, l’accord est mort-né faute d’une adhésion des deux camps. Le Sinn Fein, aile politique de l’IRA, rejette le texte, tandis que les députés protestants au Parlement de Westminster à Londres démissionnent en bloc. L’accord ne sera jamais vraiment appliqué. Le successeur de Margaret Thatcher, John Major, va encore faire des progrès majeurs. Après avoir pris secrètement contact avec l’IRA, il signe en décembre 1993 une première déclaration commune (de «Downing street») avec le gouvernement irlandais, invitant tous les partis, y compris le Sinn Fein, à la table des négociations. Puis en février 1995, il mettra au point avec Dublin la formule alors la plus aboutie d’un accord de paix qui contient une bonne part du schéma actuel (assemblée locale, organe commun aux deux Irlande, éventuel abandon par Dublin de sa revendication territoriale sur le nord). Mais les partis politiques ne sont pas prêts à une telle révolution. Les unionistes déchirent le document. Le processus s’enlise notamment sur la question du désarmement des groupes paramilitaires des deux camps. Le 9 février 1996 l’IRA, qui était en cessez-le-feu depuis 1994, fait exploser une bombe dans la City. Tout est à reconstruire. (AFP)
De Margaret Thatcher à Tony Blair, la plupart des chefs de gouvernement britanniques ont cherché depuis un quart de siècle une réponse politique à la violence en Irlande du Nord. Mais leurs accords de paix sont restés sans lendemain. Le schéma institutionnel contenu dans l’accord signé vendredi reprend les grandes lignes de la plupart de ceux déjà imaginés par Londres et Dublin. Mais avec une différence fondamentale: il a été négocié avec tous les principaux partis politiques d’Irlande du Nord, ce qui, en théorie du moins, pourrait lui assurer une survie. La première tentative remonte à 1973. Le preminer ministre britannique Edward Heath a suspendu un an plus tôt le Parlement local de Stormont (près de Belfast) après un déchaînement de violence. Il met au point avec Dublin et le représentant des protestants...
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