La Silicon Valley veut pouvoir employer plus de personnel étranger: la pénurie de cerveaux dont souffre l’industrie informatique, estiment les professionnels, ne peut se résoudre que par un relèvement des quotas d’immigration. «On ne se demande jamais si on va embaucher un Américain ou un Européen, tout ce qu’on sait, c’est qu’on veut trouver la personne dont les compétences correspondent à ce qu’on recherche», souligne Tom Wulf, chargé du recrutement chez National Semiconductor, un fabricant de puces électroniques de 13.700 employés. M. Wulf et ses pairs espèrent bientôt obtenir gain de cause. Un projet de loi portant de 65.000 à 95.000 le quota de visas de travail délivrés cette année pour des étrangers hautement qualifiés a été approuvé il y a une semaine par la commission judiciaire du Sénat. Le projet devrait bénéficier d’un soutien majoritaire de l’ensemble du Congrès, mais l’industrie devra achever de convaincre les élus réticents avant que le plafond soit atteint, sans doute dès le mois de mai. Une commission d’enquête du Congrès a en effet mis en doute les conclusions de l’Association américaine des technologies de l’information (ITAA), selon lesquelles l’industrie souffre d’un déficit de 10% de ses effectifs, soit 346.000 emplois vacants. «Le cycle de vie des technologies est si court et les choses bougent si vite, qu’il est très difficile de trouver des gens qui aient une expérience et des compétences dans les toutes dernières technologies», affirme M. Wulf. Silicon Valley souffre d’une carence du système éducatif américain et d’une réticence à venir s’établir dans une région surpeuplée où les prix de l’immobilier flambent et dont l’infrastructure routière est saturée, estime Russell Brown, directeur adjoint des laboratoires de recherche de Sun Nicrosystems. Aussi la guerre du recrutement fait-elle rage. Les candidats à l’emploi sont si rares que les entreprises recrutent d’abord les unes chez les autres. Plus d’un quart des employés changent de maison chaque année. «Nous voyons nos meilleurs employés rejoindre des start-ups ou être débauchés par nos concurrents», remarque M. Brown. «De même, nous débauchons des employés de nos concurrents autant que possible et nous essayons de faire venir du personnel d’ailleurs, des Etats-Unis mais aussi de l’étranger». Contexte économique oblige, les étrangers se laissent plus facilement convaincre que leurs collègues américains de quitter leurs pénates pour la Silicon Valley. «Il n’y avait pas de poste pour moi en France dans la recherche publique et le secteur privé ne me permettait pas de trouver exactement ce que je recherchais», déclare Laurent Demailly, un informaticien français recruté il y a neuf mois par le centre de recherche de Sun. «C’est ici que tout se passe, c’est vibrant d’énergie et d’échanges d’idées», ajoute un de ses collègues, Christoph Schuba, un ingénieur allemand recruté en octobre dernier. Lorsqu’elles ont trouvé la perle rare, les entreprises américaines ne rechignent pas à débourser 10.000 dollars en moyenne pour un visa et à prendre en charge tous les frais relatifs au déménagement et à l’installation de leurs recrues. Mais à long terme, la solution sera dans les universités du monde, souligne M. Wulf. «Si vous considérez à l’échelle mondiale le nombre d’étudiants qui se destinent à devenir ingénieurs, en particulier en informatique et génie électrique, c’est insuffisant, indique-t-il. L’industrie doit faire en sorte que le monde universitaire coopère». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Silicon Valley veut pouvoir employer plus de personnel étranger: la pénurie de cerveaux dont souffre l’industrie informatique, estiment les professionnels, ne peut se résoudre que par un relèvement des quotas d’immigration. «On ne se demande jamais si on va embaucher un Américain ou un Européen, tout ce qu’on sait, c’est qu’on veut trouver la personne dont les compétences correspondent à ce qu’on recherche», souligne Tom Wulf, chargé du recrutement chez National Semiconductor, un fabricant de puces électroniques de 13.700 employés. M. Wulf et ses pairs espèrent bientôt obtenir gain de cause. Un projet de loi portant de 65.000 à 95.000 le quota de visas de travail délivrés cette année pour des étrangers hautement qualifiés a été approuvé il y a une semaine par la commission judiciaire du Sénat. Le...