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Actualités - Chronologie

Amour, mystère et chinois

Un film espagnol en cours de tournage se heurte à la colère et au boycottage de la communauté chinoise de Madrid, qui s’estime insultée par le scénario, basé sur une histoire de vengeance liée aux triades. Première œuvre d’un réalisateur de 37 ans, Miguel Santesmases, «La Fuente Amarilla» («La Fontaine jaune») se heurte à une vigoureuse campagne orchestrée par les seize associations chinoises de la capitale espagnole. Appuyées par l’ambassade de Chine, ces associations accusent le film de diffamer l’ensemble des quelque 10.000 Madrilènes d’origine chinoise, en les assimilant à des criminels. «La Fuente Amarilla», décrit par la maison de production comme «une histoire d’amour, de mystère et de Chinois» et dont la sortie en Espagne est prévue en octobre prochain, raconte la vengeance de Lola, une jeune Hispano-Chinoise dont les parents ont été sauvagement assassinés par une triade sévissant à Madrid. Interprétée par Silvia Abascal, une actrice aux traits vaguement asiatiques mais à 100% espagnole, Lola se heurte notamment à Fong, un chef mafieux «très attirant, exquis et cruel», ainsi qu’à Liao Peng, «un tueur intelligent et ambitieux, chien fidèle de Fong», indique le synopsis distribué à la presse. Les autres Chinois qui apparaissent dans le film sont Lo Nan, «qui dirige un atelier clandestin», ou encore Sang Yu, «une vieille Chinoise à moitié folle, à qui il manque deux doigts à une main». C’est cependant un Espagnol, Charly, qui hérite du titre du personnage «Le plus méchant du film». «C’est comme si des Chinois disaient en Chine que tous les Espagnols sont membres de l’ETA», l’organisation armée basque responsable d’environ 800 attentats mortels depuis trente ans, affirmait récemment à la presse Juan Carlos Xu, secrétaire général de l’Association chinoise espagnole. «L’attitude de la colonie chinoise est totalement compréhensible», estime pour sa part le porte-parole de l’ambassade de Chine à Madrid, Zhao Hongsheng. Menaces Mises au courant par des figurants asiatiques ayant lu le scénario, les associations chinoises ont organisé, avant le début du tournage, des distributions de pamphlets dans tous les commerces, restaurants et «karaokés» chinois de la capitale espagnole. «Une fois la présente lettre publiée, toute personne qui continuera à participer au tournage ou à offrir des locaux au film par intérêt économique, sera responsable de toutes les conséquences qui en découleront», menace le texte. L’avertissement a été bien entendu, puisque tous les figurants chinois sauf un ont aussitôt déclaré forfait. Ils ont été remplacés par des Coréens, des Japonais et des Vietnamiens. Le réalisateur a été réveillé en pleine nuit par d’inquiétants appels anonymes (une musique chinoise tonitruante), et le tournage a dû pendant un certain temps se dérouler sous protection policière. Les quelques acteurs chinois qui ont accepté de rester refusent de donner leur nom et d’être photographiés. «Nous sommes dans une démocratie, et tout le monde peut dire ce qu’il veut. Mais en arriver à des menaces, ça n’a aucun sens, car après tout un film n’est qu’un film», confie l’un d’entre eux, un Cantonais vivant en Espagne depuis vingt-cinq ans. Le réalisateur Miguel Santesmases, pour sa part, refuse de répondre aux accusations – qu’il estime «ridicules» – des associations chinoises, et se défend de toute volonté de nuire, affirmant être un profond admirateur de la Chine et de sa civilisation. «Ma réponse, ce sera le film. Lorsqu’ils le verront, les gens seront forcés de se rendre compte qu’il n’est ni violent ni méprisant envers qui que ce soit», plaide-t-il. (AFP)
Un film espagnol en cours de tournage se heurte à la colère et au boycottage de la communauté chinoise de Madrid, qui s’estime insultée par le scénario, basé sur une histoire de vengeance liée aux triades. Première œuvre d’un réalisateur de 37 ans, Miguel Santesmases, «La Fuente Amarilla» («La Fontaine jaune») se heurte à une vigoureuse campagne orchestrée par les seize associations chinoises de la capitale espagnole. Appuyées par l’ambassade de Chine, ces associations accusent le film de diffamer l’ensemble des quelque 10.000 Madrilènes d’origine chinoise, en les assimilant à des criminels. «La Fuente Amarilla», décrit par la maison de production comme «une histoire d’amour, de mystère et de Chinois» et dont la sortie en Espagne est prévue en octobre prochain, raconte la vengeance de Lola, une jeune...