Le maire de Téhéran Gholamhossein Karbastchi est un ancien membre du clergé qui a changé d’orientation pour devenir un technocrate de choc à la tête d’une ville tentaculaire de près de 10 millions d’habitants. D’allure fragile, cordial mais peu loquace, Gholamhossein Karbastchi, âgé aujourd’hui de 44 ans, a fait des études coraniques dans la ville sainte chiite de Qom (sud de Téhéran) et à Ispahan (centre). Il a rang d’hodjatoleslam (juste en dessous d’ayatollah dans la hiérarchie musulmane chiite), mais a abandonné le turban et l’habit religieux pour le complet-veston civil. Opposant au régime du Chah, il connaît très vite la prison impériale ans les années 70. Après la victoire de la révolution, l’imam Khomeiny, fondateur du régime, le désigne comme son représentant personnel auprès de la Gendarmerie. Après un bref passage à la radio et la télévision d’Etat, il devient, sur décision personnelle de Khomeiny, gouverneur de la grande ville industrielle et historique d’Ispahan, considérée comme un fief des radicaux et des modérés. Avec l’élection du président Ali Akbar Hachémi Rafsandjani, à l’été 1989, Karbastchi prend la tête de la municipalité de Téhéran, la capitale iranienne, menacée d’étouffement par une pollution record et une croissance démographique débridée. Envergure nationale Grâce à son journal «Hamchahri» (Le Citoyen) qu’il a fondé en janvier 1992, la personnalité du maire prend très vite une dimension politique d’envergure nationale. Son action suscite l’admiration des visiteurs étrangers, séduits par les réalisations urbaines ambitieuses comme les nombreuses voies express qui traversent la ville ou les espaces verts. Le maire se distingue aussi par ses réalisations culturelles et sportives, comme des piscines municipales ouvertes aux femmes ou le soutien à des manifestations artistiques et notamment musicales modernes. Ces réalisations provoquent en revanche l’hostilité des milieux les plus conservateurs, qui l’accusent de suivre un modèle de gestion à «l’occidentale». Le parfum de corruption qui entoure les innombrables projets immobiliers et certaines méthodes autoritaires — notamment en matière d’expropriations ou de collecte des taxes — lui valent aussi de nombreuses critiques. A l’occasion des législatives de 1996, le maire s’est mis en première ligne en favorisant la création d’un mouvement politique modéré autour de plusieurs membres du gouvernement du président Rafsandjani. Le technocrate discret devient alors la bête noire des conservateurs, qui dominent la plupart des institutions du régime, en particulier la justice. Sa participation active en faveur du président Mohammad Khatami lors de la présidentielle de mai 1997 lui vaut des accusations d’utilisation des fonds publics à des fins partisanes. Le maire s’est toujours défendu en dénonçant une campagne «politique» visant à l’empêcher de prendre des responsabilités au sein du gouvernement de M. Khatami. (AFP)
Le maire de Téhéran Gholamhossein Karbastchi est un ancien membre du clergé qui a changé d’orientation pour devenir un technocrate de choc à la tête d’une ville tentaculaire de près de 10 millions d’habitants. D’allure fragile, cordial mais peu loquace, Gholamhossein Karbastchi, âgé aujourd’hui de 44 ans, a fait des études coraniques dans la ville sainte chiite de Qom (sud de Téhéran) et à Ispahan (centre). Il a rang d’hodjatoleslam (juste en dessous d’ayatollah dans la hiérarchie musulmane chiite), mais a abandonné le turban et l’habit religieux pour le complet-veston civil. Opposant au régime du Chah, il connaît très vite la prison impériale ans les années 70. Après la victoire de la révolution, l’imam Khomeiny, fondateur du régime, le désigne comme son représentant personnel auprès de la...
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