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Actualités - Chronologie

Deux économies ravagées

Le cyclone Mitch, qui a tué des milliers de personnes en Amérique centrale, a aussi porté un coup sévère aux économies de deux des pays les plus pauvres au monde: le Nicaragua et le Honduras. Le Honduras, souvent présenté comme la République bananière type, pourrait mettre des décennies à se remettre des inondations et des glissements de terrain qui ont détruit la plupart de ses récoltes et ravagé le peu d’infrastructures dont il disposait. Le président hondurien Carlos Flores a déclaré que 70% des principales récoltes étaient détruites, dans un pays de 5,5 millions d’habitants où l’agriculture fournit la moitié environ de la production économique annuelle de trois milliards de dollars. A Tegucigalpa, la capitale, près du tiers des maisons sont partiellement ou totalement détruites. La distribution d’eau, les prisons, les hôpitaux et les bâtiments publics ont subi d’importants dégâts. Des responsables du secteur privé prédisent de graves pénuries alimentaires. «Il s’agit d’un coup fatal pour l’économie de notre pays», a déclaré le vice-président hondurien William Handel, pour qui la reconstruction pourrait prendre de trente à quarante ans. En Amérique, seuls les Haïtiens disposent d’un revenu annuel moyen par habitant inférieur à celui des Honduriens (580 dollars) et des Nicaraguayens (550 dollars). Les économies du Honduras et du Nicaragua, pays de 4,3 millions d’habitants, avaient néanmoins commencé à décoller ces dernières années après avoir été frappées par la crise de la dette, dans les années 1980, par des décennies de dictatures militaires et par la guerre civile. Mais Mitch, l’un des cyclones les plus violents à avoir jamais frappé les Caraïbes, pourrait priver l’économie d’un pays comme le Nicaragua de 1,8 milliard de dollars de production annuelle, estiment des responsables. Les autorités des deux pays ont tenu lundi avec la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international des réunions d’urgence pour discuter d’une accélération de la restructuration de la dette. Avec la destruction de 40 ponts importants et les glissements de terrain qui n’ont pratiquement épargné aucune route, les produits d’exportation ne pourront être acheminés, notent des responsables honduriens. Cezar Lazo, directeur régional de l’Institut national de l’agriculture, relève que 60% du PIB du pays provient d’usines et d’exploitations agricoles de la vallée de Sula, dans le nord-ouest aujourd’hui submergé. Il estime que le Honduras ne pourra se nourrir l’an prochain. «Si nous n’obtenons pas d’aide internationale, nous connaîtrons une famine semblable à celle du Biafra. Il va nous falloir importer les céréales de base», dit-il. Au Nicaragua, la situation est à peine plus reluisante. La production agricole, qui représente 55% du PIB, a également été fortement touchée, bien que l’on ne dispose d’aucune estimation globale.
Le cyclone Mitch, qui a tué des milliers de personnes en Amérique centrale, a aussi porté un coup sévère aux économies de deux des pays les plus pauvres au monde: le Nicaragua et le Honduras. Le Honduras, souvent présenté comme la République bananière type, pourrait mettre des décennies à se remettre des inondations et des glissements de terrain qui ont détruit la plupart de ses récoltes et ravagé le peu d’infrastructures dont il disposait. Le président hondurien Carlos Flores a déclaré que 70% des principales récoltes étaient détruites, dans un pays de 5,5 millions d’habitants où l’agriculture fournit la moitié environ de la production économique annuelle de trois milliards de dollars. A Tegucigalpa, la capitale, près du tiers des maisons sont partiellement ou totalement détruites. La distribution...