La Grande-Bretagne fait fi des traditions pour se forger un nouveau look, plus lucratif. La vieille Albion cède la place à une Cool Britannia façonnée par les stylistes, chanteurs, artistes et cinéastes. «Pour prospérer au siècle prochain, la Grande-Bretagne doit aller de l’avant. Nous devons faire partie des pionniers, pas des musées», déclare Mark Leonard, du groupe d’experts Demos. Ces mêmes experts ont réussi à convaincre le gouvernement de refaçonner le pays au nom du profit. British Gas est devenue BG et la chaîne d’électroménager Dixons vend ses produits sous la marque «Matsui», pour faire plus japonais. «La piètre image de marque de la Grande-Bretagne fait du tort aux affaires», affirme Demos. C’est dans un tel climat que Rolls-Royce doit être cédée à un rival germanique, lors d’une transaction qui aurait autrefois horrifié les anglophiles et ravivé les craintes d’une domination allemande. «Occasion» «Nous avions besoin d’un investissement à long terme et il semble que nous l’ayions obtenu», insiste Steve Taylor, du syndicat Amalgamated Engineering, auquel sont affiliés un millier d’employés de l’usine Rolls-Royce de Crewe, dans le nord de l’Angleterre. Loin de dresser des barricades, les ouvriers britanniques «se remettent à l’allemand». Cet esprit d’ouverture est lié à une nouvelle confiance en l’économie, en la main-d’œuvre et en la compétitivité britanniques. Le Foreign Office, lui-même, a consulté un comité de 33 célébrités pour promouvoir la Grande-Bretagne à l’étranger. «Il nous faut faire la synthèse entre le passé et l’avenir. Je suis le ministre du Cool et l’ambassadeur de la Tradition», a déclaré Derek Fatcheff, ministre chargé du «Comité du Cool». Des ateliers de réflexion ont également été organisés pour tenter de mettre en valeur le savoir-faire britannique lors des prochaines célébrations du nouveau millénaire. En bon commercial, le premier ministre Tony Blair a profité d’un sommet entre l’Asie et l’Europe, à Londres, pour faire découvrir aux chefs de gouvernement étrangers une exposition sur la créativité britannique. Celle-ci, baptisée «Powerhouse UK», qui se tient dans une structure gonflable à Whitehall, quartier traditionnellement réservé au gouvernement, capture l’esprit d’innovation mâtiné de tradition que Tony Blair se plaît à exploiter. «Les visiteurs adorent ce contraste superbe et unique entre l’ancien et le nouveau, l’héritage et la créativité, le faste et le fun», souligne David Quarmby, responsable du British Tourism Authority. «C’est une occasion de nous vendre qu’il ne faut pas rater», conclut-il. (Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Grande-Bretagne fait fi des traditions pour se forger un nouveau look, plus lucratif. La vieille Albion cède la place à une Cool Britannia façonnée par les stylistes, chanteurs, artistes et cinéastes. «Pour prospérer au siècle prochain, la Grande-Bretagne doit aller de l’avant. Nous devons faire partie des pionniers, pas des musées», déclare Mark Leonard, du groupe d’experts Demos. Ces mêmes experts ont réussi à convaincre le gouvernement de refaçonner le pays au nom du profit. British Gas est devenue BG et la chaîne d’électroménager Dixons vend ses produits sous la marque «Matsui», pour faire plus japonais. «La piètre image de marque de la Grande-Bretagne fait du tort aux affaires», affirme Demos. C’est dans un tel climat que Rolls-Royce doit être cédée à un rival germanique, lors d’une...